Dans le paysage cinématographique contemporain, le film « La Mer au loin » du réalisateur Saïd Hamich Benlarbi s’impose comme une œuvre majeure qui explore, avec sensibilité et profondeur, le drame de l’exil et la quête d’identité d’un jeune Marocain à Marseille.
Présenté dans des sections prestigieuses, dont la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2024 et en compétition au Festival International du Film de Marrakech, ce long métrage (117 minutes) a suscité l’enthousiasme de la critique internationale et du public cinéphile.
Une trajectoire artistique saluée par les festivals
« La Mer au loin » s’est distingué dans plusieurs festivals internationaux. Il a remporté le Grand Prix du Festival International Cinéma et Migrations d’Agadir, où il a raflé trois distinctions, dont le prix de la meilleure interprétation masculine pour Ayoub Gretaa dans le rôle de Nour.
Plus tôt dans l’année, au Love International Film Festival de Mons (Belgique), Gretaa a été récompensé par le prix d’interprétation, saluant une performance intense et nuancée qui confirme son talent et la portée émotionnelle du film.
Un regard intime sur l’exil
Le récit suit Nour, un jeune Marocain de 27 ans, qui, arrivé clandestinement à Marseille dans les années 90, évolue entre débrouille, marginalité et rencontres décisives. Sa vie bascule après une rencontre avec Serge, un policier charismatique, et Noémie, sa femme, figures qui le poussent à remettre en question ses rêves, son identité et sa place dans ce monde nouveau.
Derrière l’aspect social se dévoile un drame humain puissant, qui, selon les spectateurs, mêle poésie, mélancolie et réflexion sur la précarité, l’humiliation et l’espoir sans tomber dans le misérabilisme. Certains ont décrit le film comme un mélodrame profond et bouleversant, tandis que d’autres ont noté une lenteur narrative assumée, reflet de la vie même du protagoniste.
La performance magistrale d’Ayoub Gretaa
Ce rôle principal marque une étape décisive dans la carrière d’Ayoub Gretaa, formé à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique (ISADAC). Après s’être distingué dans des séries télévisées marocaines, il incarne ici Nour avec une intensité qui touche autant par la vulnérabilité que par la dignité du personnage.
Sa prestation a été saluée pour sa justesse émotionnelle, offrant au public un personnage complexe, tiraillé entre la nostalgie des origines et l’aspiration à une liberté souvent inaccessible pour ceux qui vivent en marge de la société.
Un film qui fait parler de lui
Outre ses prix, « La Mer au loin » incarne une démarche artistique qui engage autour de thèmes humains universels : l’exil, l’identité, l’intégration et la transformation intérieure. Le film continue de susciter des discussions passionnées, et sa présence dans les salles nationales depuis janvier 2026 témoigne de l’ampleur de son impact culturel.
En somme, « La Mer au loin » sort du cadre purement cinématographique pour devenir une fresque sociale et un témoignage poétique sur les chemins souvent sinueux de l’âme humaine, incarnée de manière mémorable par Ayoub Gretaa.



