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Quand la possession devient une illusion : comment le Sénégal a remporté la bataille tactique et comment le Maroc a perdu l’instant de la percée

L’équipe nationale marocaine n’a pas perdu la finale parce qu’elle était plus faible, ni parce que le Sénégal était plus séduisant sur le plan du jeu, mais parce que le match s’est écrit dans une zone grise que les statistiques ne montrent pas.
Là où la possession ne se comptabilise pas, où l’audace ne se mesure pas, et où l’hésitation ne se consigne pas.

Le Sénégal n’a pas empêché le Maroc de jouer… il l’a empêché de percer.
Et c’est précisément là que le match a échappé à Walid Regragui, non pas en tant qu’entraîneur défaillant, mais en tant qu’entraîneur qui n’a pas changé d’angle de lecture au moment décisif.

Une possession sans danger… une domination sans profondeur

Celui qui a suivi le match avec un regard technique l’a vite constaté : le Maroc était « présent » sur le terrain.
Le ballon était marocain, le rythme marocain, le positionnement dans le camp sénégalais marocain…
Mais tout cela ne s’est jamais transformé en menace réelle.

C’était une possession marocaine sans crocs.
Un ballon circulant horizontalement, renvoyé en arrière, puis vers l’aile, suivi d’un centre prévisible, dans l’attente de la tête d’En-Nesyri, esseulé face à une défense qui savait à l’avance ce qui allait se produire.

Le Sénégal n’a pas pris le risque d’un pressing haut, n’est pas entré dans une bataille de possession perdue d’avance, mais a tendu un piège intelligent :
– fermer l’axe
– réduire les demi-espaces
– laisser les couloirs au Maroc… tout en sécurisant la surface

Ainsi, la supériorité marocaine s’est transformée en supériorité formelle, sans fissure dans le mur sénégalais.

La bataille des systèmes : quand la flexibilité l’a emporté sur la rigidité

Walid Regragui a évolué avec son système favori en 4-3-3, celui qui lui a offert la gloire lors du Mondial au Qatar, et dont il est devenu prisonnier de son succès passé.

En face, le sélectionneur sénégalais a opté pour un système flexible, alternant entre le 4-1-3-2 et le 4-3-3 selon les phases du jeu, et non selon un schéma figé.

La différence entre les deux entraîneurs ne résidait pas dans l’intelligence, mais dans l’audace de l’ajustement.

Regragui a fait confiance à :
– les mêmes noms
– les mêmes rôles
– les mêmes solutions

Tandis que le Sénégal a fait confiance à :
– fermer ce que le Maroc maîtrise
– l’obliger à jouer ce qu’il ne maîtrise pas

Et dans les finales, ce n’est pas celui qui maîtrise le plus qui gagne, mais celui qui déstabilise le plus son adversaire.

La question des changements : pourquoi le scénario n’a-t-il pas évolué ?

C’est ici que commence la zone sensible de l’analyse.
Il ne s’agit pas d’une question émotionnelle venue des tribunes, mais d’une interrogation professionnelle posée depuis le cœur du terrain :

Pourquoi Regragui n’a-t-il pas fait entrer un joueur capable de :
– percer dans l’axe ?
– créer une supériorité numérique entre les lignes ?
– modifier la structure défensive sénégalaise ?

Pourquoi les coups de pied arrêtés ont-ils été exécutés de la même manière, alors que le mur et le gardien les lisaient avec facilité ?

Lorsque l’exécutant devient prévisible, que l’angle est calculé et que le gardien est prêt, persister dans le même choix ne relève plus du courage… mais de l’entêtement tactique.

Malgré cela, aucune variation, aucun leurre, aucune combinaison travaillée.
Il ne s’agit pas ici d’une défaillance individuelle, mais de l’absence d’un plan alternatif.

Les joueurs aussi… mais dans le cadre du texte qui leur a été écrit

Oui, les joueurs portent une part de responsabilité :
– lenteur dans les déplacements sans ballon
– hésitation dans les duels individuels
– poids psychologique d’une finale lourde de pression

Mais un joueur ne s’exprime pas en dehors du scénario, s’il ne lui est pas permis d’en sortir.
Et lorsque le scénario reste identique de la première à la dernière minute, la performance devient répétition, et non surprise.


Conclusion : le Maroc n’a pas été battu… il a cessé d’évoluer dans le match

Cette finale ne s’est pas jouée sur un écart de qualité, mais sur un écart de lecture instantanée.

Le Sénégal a lu le match tel qu’il était.
Le Maroc l’a joué tel qu’il aurait voulu qu’il soit.

Walid Regragui n’a pas perdu parce qu’il a choisi le mauvais système,
mais parce qu’il lui est resté fidèle plus que de raison.

Et dans le football, comme en politique et dans la vie :
la fidélité à l’idée est une vertu…
mais la fidélité à l’instant, c’est ce qui forge les titres.

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