Anas Akhannouch a annoncé officiellement qu’il ne briguera pas un troisième mandat à la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI), une décision représentant un tournant historique au sein du parti. Elle ouvre une nouvelle page de la compétition pour la direction, qui dépasse le simple choix d’une personnalité et devient un véritable test de cohésion et de gestion démocratique avant les prochaines échéances électorales.
La course au pouvoir : entre expérience politique et orientation exécutive
Avec l’ouverture des délais de candidature, Mohamed Ouarar a officiellement annoncé sa volonté de diriger le parti, devenant ainsi le premier candidat à entrer dans la course. D’autres figures exécutives importantes, telles que Mohamed Saad Brada et Nadia Fettah Alaoui, se préparent également à rejoindre la bataille.
Cette dynamique reflète la diversité des options et des stratégies au sein du RNI, indiquant que la compétition ne se limite pas à des noms, mais concerne la maîtrise de la carte de l’influence interne.
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Ouarar : Forte expérience politique au sein des structures traditionnelles du parti, lui conférant un contrôle sur les bases, mais il doit élargir son soutien parmi les visages exécutifs et technocratiques.
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Brada : Ministre doté d’une expérience exécutive, capable de combiner politique et gestion, mais avec une portée limitée auprès des bases traditionnelles.
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Fettah Alaoui : Réseau large auprès des cercles d’Akhannouch, offrant une vision consensuelle qui pourrait servir de pont entre vétérans et technocrates, malgré une expérience politique moindre que celle de ses concurrents.
Al-Alami : force parlementaire potentielle ou défis à relever ?
Bien que les noms les plus évoqués dans les médias soient Ouarar, Brada et Fettah Alaoui, Al-Alami, président du Parlement et membre du bureau politique, pourrait se poser comme un acteur influent dans le paysage interne du parti.
✔ Force actuelle : Son élection à la présidence du Parlement lui confère un pouvoir au sein de l’institution législative et parmi la majorité parlementaire, constituant une base de soutien significative à l’intérieur et à l’extérieur du parti.
✔ Parcours organisationnel : Son engagement de longue date au sein du parti et ses responsabilités dans ses structures lui donnent, théoriquement, la légitimité pour occuper un rôle dirigeant supérieur.
❗ Mais – le point silencieux : À ce jour, aucune indication officielle ou fuite confirmée n’a révélé sa candidature pour succéder à Akhannouch. Malgré son influence parlementaire, il lui faudrait mobiliser un soutien large au sein des instances exécutives, ce qui n’apparaît pas encore clairement.
Analyse : Son parcours politique ne l’empêche pas théoriquement de se présenter, mais il fait face à des défis importants pour bâtir une coalition interne solide qui équilibre influence parlementaire et leadership partisan, ce qui pourrait rendre son rôle plus décisif sur le plan institutionnel que sur la direction directe du parti.
Contexte de la décision : pressions populaires et messages royaux indirects
Le retrait soudain d’Akhannouch intervient dans un contexte de pressions populaires et institutionnelles, après l’évaluation par les citoyens des politiques économiques et sociales de ses deux mandats, notamment la hausse des prix et les disparités économiques.
Cette décision s’inscrit également dans le cadre de messages royaux indirects mettant l’accent sur le renouvellement des élites avant les élections.
Le départ d’Akhannouch laisse un vide nécessitant une direction stratégique et consensuelle, rendant l’entrée de figures exécutives dans la course un signal de réajustement interne visant à restaurer l’image de stabilité et de compromis avant 2026.
Scénarios de leadership : qui a l’avantage ?
| Candidat | Points forts | Points faibles | Évaluation analytique |
|---|---|---|---|
| Mohamed Ouarar | Expérience politique au sein du parti, forte présence dans les structures, soutien des bases traditionnelles | Doit élargir son soutien aux visages exécutifs et technocratiques | Candidat solide mais pourrait avoir des difficultés à séduire les nouveaux visages |
| Mohamed Saad Brada | Profil technique, capacité à gérer des campagnes, soutien de certaines bases exécutives | Portée limitée auprès des bases traditionnelles | Candidat intermédiaire, consensuel mais dépendant d’alliances fortes |
| Nadia Fettah Alaoui | Large réseau lié à Akhannouch, soutien technocratique, représentation féminine | Expérience politique moindre que les vétérans | Candidat consensuel, sa montée dépendra des alliances avant le congrès |
| Al-Alami | Force parlementaire, expérience organisationnelle | Pas encore candidat officiel, nécessite un soutien large dans les instances exécutives | Candidat potentiel, influence plus forte sur le plan institutionnel que sur la direction directe |
| La demande mondiale | Non annoncée officiellement, aucun signal fort | Soutien interne peu clair, nécessite une stratégie large | Faibles chances à ce stade, mais pourrait évoluer avec des alliances avant le congrès |
Lecture politique : au-delà de la bataille organisationnelle
Les mouvements précoces des candidats révèlent deux défis majeurs pour le RNI :
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Renouveler le parti en interne après le long mandat d’Akhannouch, afin de présenter une image plus démocratique aux citoyens avant les élections de 2026.
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Équilibrer l’influence entre politique traditionnelle et technocrates, particulièrement dans la gestion des futurs dossiers économiques et sociaux.
La compétition interne n’est pas seulement un changement de visage, mais un message politique au public et aux institutions, démontrant la capacité du parti à assurer une transition fluide des élites tout en maintenant la stabilité organisationnelle, malgré les risques liés aux conflits internes et aux pressions populaires.



