1. Une langue assertive qui neutralise la question centrale
Dès l’entame de son texte, Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, adopte une langue assertive, presque consensuelle, présentant la protection sociale comme une évidence indiscutable. Cette posture linguistique, en apparence neutre, déplace pourtant la question essentielle : pourquoi la généralisation ne se réalise-t-elle pas malgré l’arsenal juridique et les orientations royales ? Le choix d’un registre explicatif continu transforme l’anomalie en simple constat, atténuant sa portée problématique.
2. La référence constitutionnelle comme cadre symbolique
Lorsque Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, invoque l’article 31 de la Constitution et les orientations royales, il le fait dans une logique de légitimation morale plus que de mise en cause institutionnelle. La Constitution est convoquée comme horizon normatif, non comme instrument d’interpellation. Cette approche révèle un usage symbolique du droit, qui éclaire la contradiction sans jamais désigner les mécanismes responsables de sa persistance.
3. Le principe de solidarité et l’effacement des rapports de force
En mettant en avant la solidarité entre les « deux parties de la production », Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, mobilise un imaginaire équilibré des relations professionnelles. Or, cette égalisation discursive occulte les rapports de force réels entre employeurs et salariés, en particulier dans les secteurs précaires. La solidarité devient ici un principe abstrait, déconnecté des asymétries structurelles qui façonnent le marché du travail.
Le chiffre comme donnée structurelle, non comme alerte politique
L’évocation de près de sept millions de salariés non déclarés est présentée par Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, comme une donnée « structurelle ». Ce choix lexical est révélateur : il dépolitise le chiffre, le soustrayant à toute dimension de scandale public. L’ampleur du phénomène est ainsi intégrée dans un discours de normalisation, plutôt que mobilisée comme levier de remise en question des politiques de contrôle et de sanction.
L’énumération sectorielle : exhaustivité sans hiérarchisation
En parcourant les différents secteurs économiques, Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, privilégie une logique d’inventaire. Cette méthode confère au texte une impression de globalité, mais elle limite l’analyse différenciée. Les spécificités sectorielles sont juxtaposées sans être mises en tension avec les choix publics, les modèles économiques ou les formes distinctes de tolérance institutionnelle.
Une présence étatique diffuse et dépersonnalisée
Dans son traitement du rôle de l’État, Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, le présente comme un acteur technique, chargé de coordination et de suivi. La responsabilité politique se dissout dans un vocabulaire administratif : insuffisance de contrôle, besoin de commissions, manque de coordination. Ce cadrage tend à neutraliser la dimension stratégique des politiques publiques en matière sociale.
Le dialogue social comme solution procédurale
Le dialogue social occupe une place centrale dans la proposition de Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social. Toutefois, il est envisagé comme un outil procédural, presque mécanique, plutôt que comme un espace de confrontation d’intérêts. Les déséquilibres de représentativité et de pouvoir y sont peu interrogés, comme si la discussion en elle-même suffisait à produire l’équité sociale.
L’État social : horizon mobilisateur mais indéterminé
La conclusion de Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, s’articule autour de la notion d’« État social ». Ce concept, fortement chargé symboliquement dans le contexte marocain, est présenté comme un objectif progressif. Pourtant, l’absence de jalons contraignants ou de responsabilités clairement identifiées maintient cet horizon dans une zone d’indétermination, entre promesse politique et idéal normatif.
Questions laissées en suspens par le texte :
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Le déficit de généralisation relève-t-il d’un problème d’application ou d’un choix politique implicite ?
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Le dialogue social peut-il compenser l’insuffisance du contrôle et de la sanction ?
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L’État social se construit-il par accumulation technique ou par décisions politiques structurantes ?
Ainsi, la lecture de l’article de Abdelrahim Errahah, président du Forum marocain du développement social, révèle moins ce qui est explicitement formulé que ce qui est tenu à distance. Une écriture mesurée, soucieuse d’équilibre, qui éclaire les dysfonctionnements sans les transformer en interpellation frontale, laissant au lecteur la responsabilité de poursuivre le questionnement.



