Alors que le Maroc brille sur la scène continentale en organisant une grande coupe africaine dans des stades somptueux coûtant des millions de dirhams, les autorités et la société civile font face simultanément à un autre défi, moins médiatisé mais tout aussi urgent : la multiplication des personnes sans abri dans les villes marocaines, exposées aux vagues de froid extrême du hiver 2025-2026.
Cette situation soulève une question essentielle : le Maroc, qui cherche à renforcer son image mondiale de pays hospitalier et généreux, peut-il équilibrer son rayonnement sportif avec la prise en charge humaine des populations les plus vulnérables ? Tandis que les équipes et invités sont honorés dans les stades, d’autres vivent dans la rue, sur des matelas de fortune exposés au froid et aux risques sanitaires.
Une problématique sociale qui dépasse le cadre saisonnier
Les observateurs soulignent que la prise en charge des personnes sans abri n’est plus un simple geste de charité, mais une nécessité sociale et sécuritaire urgente. Avec des températures descendant parfois en dessous de zéro dans certaines régions, l’importance d’interventions continues et coordonnées devient plus cruciale que jamais.
Zohir Tahiri, trésorier de l’association « Namaa » dans la région Rabat-Salé-Kénitra, explique que l’association organise depuis plus de deux ans un programme annuel appelé « Fiyya El-Bard », visant à distribuer couvertures, vêtements et repas chauds, touchant entre 100 et 200 personnes chaque semaine. Il précise que les interventions ne se limitent pas à une seule région, avec la préparation d’une grande caravane médicale et sociale dans la province de Khemisset, destinée à environ 400 familles.
Coordination entre associations et autorités : un succès relatif mais des défis persistants
Abderrahim El Youbi, vice-président de l’association « Dafaa », indique que leur initiative annuelle, lancée en novembre dernier, a déjà couvert 23 tournées de terrain, distribué 2 514 repas et assuré 17 interventions médicales, tout en réintégrant deux personnes dans leurs familles. La coordination entre associations permet de couvrir les jours de la semaine de manière continue, évitant les doublons et les jours sans intervention.
L’expérience des autorités locales, mobilisées lors de certaines tournées, a permis d’atteindre des cas isolés et difficiles à localiser, démontrant l’efficacité d’une collaboration civil-officiel. Cependant, cette coordination reste limitée par le manque de ressources publiques, les associations dépendant principalement de dons privés.
Entre stades somptueux et hiver de la rue
L’analyse révèle une contradiction frappante : alors que le Maroc investit des millions dans l’organisation de stades pour la coupe africaine, de larges pans de sa population restent en dehors de tout dispositif de protection, exposés aux rigueurs du climat. Cet écart entre la mise en avant de l’image internationale et la réalité humanitaire locale soulève des questions sur les politiques publiques d’inclusion sociale et la nécessité de stratégies nationales pérennes pour affronter le froid, dépassant les simples campagnes saisonnières.
Conclusion : du savoir-faire sportif à la planification sociale durable
Le succès dans l’organisation des grandes compétitions montre la capacité du Maroc à planifier et gérer des projets complexes. Mais il met également en lumière des lacunes sociales profondes. Le travail continu des associations, qu’il s’agisse de « Namaa » ou de « Dafaa », fournit des solutions temporaires et efficaces, mais reste limité en termes de ressources et de couverture.
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La grande question demeure : les autorités suivront-elles une approche stratégique similaire à celle adoptée pour les stades, afin d’assurer la continuité des interventions humanitaires face au froid extrême ? Ou l’hiver des sans-abri restera-t-il dépendant des initiatives associatives et individuelles ?



