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À Tanger, Akhannouch lie performance économique et État social : un discours de bilan aux accents prospectifs

Le choix de Tanger comme étape finale de la tournée nationale « Parcours des réalisations » du Rassemblement National des Indépendants (RNI) ne relève pas d’un simple hasard logistique. La ville, souvent érigée en vitrine du Maroc productif et ouvert sur l’Europe, offre un cadre hautement symbolique pour articuler le lien entre dynamisme économique et ambition sociale de l’État.

C’est dans ce contexte que le chef du gouvernement et président du RNI, Aziz Akhannouch, a livré un discours cherchant à conjuguer présentation du bilan, mise en avant de la cohésion de la majorité gouvernementale, et esquisse des contours d’une nouvelle phase politique, annoncée sous l’intitulé « Parcours du futur ».

La cohésion de la majorité, un message politique à forte portée interne

Dès l’entame de son intervention, Aziz Akhannouch a insisté sur « l’unité et la solidité de la majorité gouvernementale », présentées comme une condition essentielle à la réussite des réformes engagées. Au-delà du registre laudatif, cette insistance peut se lire comme un signal politique adressé autant aux partenaires de la coalition qu’à l’opinion publique, dans un contexte marqué par la pression sociale et la persistance de critiques sur l’impact réel des politiques publiques.

En évoquant la « réhabilitation de l’institution de la présidence du gouvernement » et la gestion des divergences « dans un esprit responsable », le chef de l’exécutif a cherché à projeter l’image d’un gouvernement fonctionnant comme un bloc cohérent, capable d’avancer malgré les crises successives qui ont jalonné la période post-2021.

Du « Parcours des réalisations » au « Parcours du futur » : inflexion du discours plus que rupture

L’annonce de la publication d’un ouvrage intitulé « Parcours des réalisations », présenté comme une synthèse collective des échanges menés durant huit mois, s’inscrit dans une volonté de capitalisation politique de cette séquence communicationnelle. Le document est décrit comme le reflet des attentes citoyennes et des propositions recueillies sur le terrain.

Cependant, le passage au « Parcours du futur » constitue le cœur du message. En appelant à un approfondissement du dialogue avec les professionnels, les experts et la jeunesse sur des dossiers sensibles — santé, éducation, emploi et pouvoir d’achat — Akhannouch reconnaît implicitement que ces chantiers demeurent des zones de tension sociale, malgré les avancées revendiquées.

Le pouvoir d’achat, évoqué comme un thème récurrent des échanges citoyens, apparaît ici comme l’indicateur le plus révélateur de l’écart entre les performances macroéconomiques mises en avant et le ressenti quotidien d’une partie de la population.

Les chiffres comme argument politique : une économie au service du social

Au cœur de son intervention, le chef du gouvernement a mobilisé les indicateurs macroéconomiques pour étayer la thèse d’une économie nationale « résiliente » à l’horizon 2025 : croissance attendue de 5 %, recul significatif de l’inflation, réduction du déficit budgétaire et maîtrise progressive de l’endettement public.

Ces données ne sont pas présentées comme une fin en soi, mais comme le socle ayant permis de financer l’État social, notamment à travers le soutien direct à quatre millions de familles et la généralisation de la couverture sanitaire « AMO Tadamon » au même périmètre social.

Ce lien entre rigueur économique et justice sociale, s’il structure le récit gouvernemental, ouvre néanmoins le débat sur la durabilité de ce modèle et sur sa capacité à réduire durablement les inégalités sociales et territoriales.

Le dialogue citoyen comme levier de légitimité

En revenant sur la tournée de huit mois à travers les douze régions du Royaume, Aziz Akhannouch a défendu l’idée d’un dialogue continu avec les citoyens, chiffres à l’appui : participation massive aux rencontres régionales, centaines d’heures d’écoute directe et interactions numériques via la plateforme « Insat ».

L’affirmation selon laquelle le parti « n’a pas peur de la critique » et considère celle-ci comme un outil d’amélioration vise à repositionner la communication politique comme un instrument de légitimation démocratique, et non comme un simple exercice de promotion partisane.

Entre référence royale et enjeu d’évaluation

En conclusion, le chef du gouvernement a réaffirmé que les orientations royales demeurent la boussole de l’action gouvernementale, inscrivant ainsi son discours dans un cadre institutionnel qui dépasse les clivages partisans.

Reste que le message délivré à Tanger souligne un déplacement du centre de gravité politique : il ne s’agit plus seulement de revendiquer des réalisations, mais de convaincre de leur impact réel et durable sur la vie des citoyens. Le « Parcours des réalisations » apparaît ainsi moins comme une fin que comme l’ouverture d’une phase où l’action publique sera jugée à l’aune de ses effets concrets, plus que de ses intentions déclarées.

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