mercredi, mars 11, 2026
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Tragédie de Fès : deux étages construits illégalement avant l’effondrement… Une catastrophe qui relance la question de la responsabilité et de l’absence de contrôle des autorités

La catastrophe survenue dans le quartier Al Mostakbal à Fès ne peut être réduite à un simple accident structurel. Selon une source officielle citée par Hespress, les premières évaluations indiquent que l’effondrement des deux immeubles serait lié à la construction illégale de deux étages supplémentaires, portant la hauteur totale à quatre niveaux alors que l’autorisation initiale n’en prévoyait que deux.

Cette révélation change la nature du drame : elle met en lumière les failles d’un système de contrôle urbanistique qui n’a pas su prévenir l’inacceptable.

Un retour en arrière : 2007, l’opération de restructuration et les dérives silencieuses

Tout commence en 2007, lors d’une opération de restructuration d’un ancien quartier d’habitat précaire. Les bénéficiaires ont obtenu des lots de terrain accompagnés d’autorisations de construire limitées à deux étages.

Pourtant, les deux bâtiments effondrés ont progressivement grimpé jusqu’au quatrième niveau — sans qu’aucun document légal ne vienne modifier l’autorisation initiale.

Ce simple constat soulève une question essentielle :
Comment deux étages illégaux ont-ils pu être érigés sans intervention ni même signalement ?

Où étaient les autorités ? Une question qui s’impose avec force

Dans toute ville, la chaîne de contrôle urbanistique est censée être vigilante : services techniques, inspections, autorités locales…
Or ici, deux étages entiers ont échappé au radar institutionnel.

La question n’a rien d’accusatoire : elle relève de la responsabilité démocratique et de la recherche de vérité.
Qui supervisait réellement les travaux ? Les inspections ont-elles été effectuées ? Les mécanismes de contrôle étaient-ils opérationnels ?

Lorsque des bâtiments prennent de la hauteur en dehors du cadre légal, ce n’est jamais le résultat d’une erreur isolée, mais le symptôme d’un système qui n’a pas fonctionné.

Données techniques encore incomplètes, mais une infraction confirmée

La source officielle reconnaît que les analyses techniques ne sont pas encore suffisantes pour déterminer la cause exacte de l’effondrement.
Cependant, un point est confirmé : la structure ne respectait pas l’autorisation de construction.

Dès lors, une autre question se pose :
L’effondrement est-il uniquement dû à cette infraction, ou révèle-t-il des fragilités structurelles plus anciennes, jamais détectées ?

Une nuit tragique : 19 morts, 16 blessés et un quartier bouleversé

Les autorités locales ont annoncé un bilan provisoire de 19 décès et 16 blessés. Les deux immeubles, abritant huit familles, se sont effondrés brutalement, laissant derrière eux un amas de béton, de poussière et de détresse.

Les services de la Protection civile, épaulés par les autorités locales et les forces de sécurité, ont immédiatement sécurisé le périmètre, évacué les habitations voisines et lancé les recherches pour retrouver d’éventuels survivants.
Les blessés ont été transférés au CHU de Fès pour recevoir les soins nécessaires.

Au-delà du drame : le débat sur les responsabilités

La tragédie ouvre un débat large et nécessaire :

  • Comment deux étages ont-ils pu être construits hors de tout cadre légal ?

  • Les inspections étaient-elles réellement effectuées sur le terrain ?

  • Sommes-nous face à une défaillance ponctuelle ou à une problématique systémique touchant d’autres villes ?

  • La rapidité de l’urbanisation dépasse-t-elle la capacité réelle de contrôle des institutions ?

La justice devra établir les responsabilités.
Mais pour l’opinion publique, une question domine déjà :
Ce drame aurait-il pu être évité ?

Et maintenant ? Entre besoin de transparence et exigence de réforme

L’effondrement de Fès ne représente pas seulement une tragédie humaine.
Il met en lumière les limites d’un système urbanistique où les violations peuvent passer inaperçues, et où les mécanismes de contrôle ne semblent plus suffisamment robustes pour garantir la sécurité des habitants.

Reste à savoir si cette catastrophe constituera un point de bascule, menant à une réforme profonde du contrôle urbanistique, ou si elle rejoindra la longue liste des drames que l’on dénonce un jour… et que l’on oublie le suivant.

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