samedi, mars 14, 2026
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Tragédie de Fès : quand deux immeubles s’effondrent et que surgit la question de la responsabilité — Le parquet ouvre une enquête sur des soupçons de non-respect des règles d’urbanisme, et le bilan grimpe à 22 morts

Ce qui s’est produit dans le quartier Al Mostakbal à Fès n’est plus perçu comme un simple accident structurel. L’effondrement de deux immeubles dans la nuit de mardi à mercredi a déjà coûté la vie à 22 personnes, mais il révèle surtout une fissure plus profonde dans la gouvernance urbaine. Le parquet de Fès a ordonné, mercredi, l’ouverture d’une enquête judiciaire, face à des indices sérieux de non-respect des licences de construction et des normes d’urbanisme.

Le parquet s’en saisit : un premier pas vers la mise au jour des défaillances

Selon des sources judiciaires et locales contactées par Le Journal, la décision du parquet fait suite à des éléments préliminaires pointant vers des irrégularités liées à la hauteur autorisée et au respect des normes techniques.

Une série de questions s’impose dès lors :Ces dépassements relèvent-ils d’initiatives isolées ou d’une faille systémique dans les mécanismes de contrôle ?

Une réunion d’urgence… qui révèle autant qu’elle rassure

Le wali de la région Fès-Meknès, Khalid Aït Taleb, a réuni d’urgence les services concernés ce mercredi matin. Objectif : évaluer les conséquences, circonscrire les responsabilités et réfléchir aux moyens d’éviter que ce drame ne se répète ailleurs.

Mais derrière cet état d’alerte institutionnel, une inquiétude demeure :
Pourquoi faut-il attendre l’effondrement d’un immeuble pour activer les leviers de contrôle et de reddition des comptes ?

Des soupçons qui planent sur des acteurs du terrain

Alors que les équipes de secours fouillaient encore les décombres à la recherche de survivants, des soupçons ont commencé à viser des entrepreneurs et certains agents d’autorité.
Le point central : la hauteur des bâtiments, qui aurait dépassé ce qui est prévu dans l’autorisation de construire.

La question dépasse la scène du drame :
Combien de bâtiments, dans le silence du quotidien urbain, attendent une faille pour révéler la même fragilité ?

Le récit de la nuit du drame

Les autorités locales rapportent que les deux immeubles comptaient quatre étages et abritaient huit familles.
Après l’effondrement, les services de la Protection civile, rejoints par les autorités sécuritaires, ont sécurisé le périmètre, évacué les habitations voisines par précaution et conduit les blessés vers le CHU de Fès pour examens et soins.
Pendant ce temps, les opérations de recherche se poursuivaient, avec la crainte permanente de trouver d’autres victimes sous les gravats.

Responsabilités : le débat public précède le processus judiciaire

Au-delà de la douleur et du bilan humain, la tragédie déclenche un débat nécessaire autour de :

  • la rigueur du contrôle des chantiers,

  • l’efficacité des services d’urbanisme,

  • la transparence des mécanismes d’autorisation,

  • la responsabilité des signataires, des contrôleurs et des exécutants.

Le parquet enquête, certes, mais la question demeure :
aurait-on pu prévenir ce qui s’est produit ?

Un drame qui ouvre un champ d’interrogations, et qui ne doit pas se refermer

L’effondrement de Fès est un avertissement brutal. Il renvoie à une problématique bien plus large : celle de la qualité du bâti, de l’intégrité des circuits administratifs et de l’équilibre fragile entre l’urbanisation rapide et la sécurité des citoyens.

Reste une interrogation essentielle :
ce drame constituera-t-il un tournant, ou viendra-t-il simplement s’ajouter à une longue liste de tragédies urbaines que l’on déplore sans jamais en traiter les causes profondes ?

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