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Entre instructions urgentes et “absence de résultat” : enquêtes en série, impunité en continu ?

Le ministère de l’Intérieur se remet une nouvelle fois en branle. Des directives urgentes, des comités d’inspection, des rapports transmis en toute hâte… et les noms de plusieurs élus influents qui refont surface. Le décor est familier :
scandales, missions d’audit, constats accablants… suivis d’un silence profond, comme si le pays projetait en boucle un film ancien dont les visages changent, mais dont l’intrigue reste immobile.

Pourtant, ce mouvement récent paraît différent. Les instructions adressées par l’administration centrale ne se limitent pas à des irrégularités techniques ; elles rouvrent des dossiers lourds, parfois anciens, où se mêlent projets immobiliers appartenant à des élus, conflits d’intérêts et soupçons d’abus d’autorité.

Quand l’élu devient promoteur : une dérive devenue système

Le plus frappant n’est pas l’existence d’irrégularités — celles-ci ne surprennent plus personne — mais la nature systémique de ces défaillances.
Les rapports adressés au ministère révèlent un mécanisme bien rodé :

  • élus propriétaires de lotissements dans leur propre zone d’influence,

  • permis de lotir accordés selon des conditions avantageuses,

  • voiries inachevées ou mal réalisées,

  • équipements publics inexistants,

  • empiétements sur des espaces collectifs, parfois à grande échelle.

Ce n’est plus un glissement ponctuel, mais une collision frontale entre pouvoir public et profit privé.
Lorsque celui qui doit contrôler devient aussi celui qui bénéficie des décisions, la logique même de la gouvernance locale se renverse.

Des plaintes qui dévoilent ce que beaucoup savaient déjà

Les enquêtes reçues par l’administration territoriale exposent des faits lourds :

  • chantage exercé sur des investisseurs,

  • transactions immobilières douteuses,

  • détournement d’espaces appartenant à la collectivité,

  • monopole d’entreprises créées ou contrôlées par des élus,

  • appels d’offres fictifs,

  • circuits opaques dans l’attribution des marchés.

Les conséquences, elles, se lisent dans la vie quotidienne des citoyens :
quartiers sans infrastructures, équipements publics absents, terrains disparus, logements sociaux transformés en projets de standing…
Un paysage urbain qui révèle les dégâts d’une gouvernance clientéliste.

Les lois existent, mais l’application reste sélective

Sur le plan juridique, les faits rapportés relèvent :

  • du conflit d’intérêts,

  • du détournement de biens publics,

  • du favoritisme,

  • et, dans certains cas, d’infractions pénales passibles de poursuites.

Les textes sont clairs.
Les mécanismes de contrôle existent.
Mais leur activation repose sur une volonté politique intermittente, souvent absente.

**La véritable question n’est plus de savoir s’il y a des irrégularités.

Elle est de comprendre pourquoi il n’y a pas de sanctions.**

Depuis des années, le même scénario se répète :

  • ouverture d’enquêtes,

  • rapports sévères,

  • annonces de contrôles renforcés…

Et à la fin, un constat : aucune conséquence majeure, aucune rupture visible, aucun signal fort envoyé aux citoyens.

L’enquête, paradoxalement, devient la réponse finale, au lieu d’être le début d’un processus de reddition des comptes.

Les enquêtes actuelles : tournant décisif ou nouvel épisode sans suite ?

L’instruction donnée d’accélérer les investigations avant la fin de l’année pourrait annoncer une volonté de rupture.
Ou, au contraire, n’être qu’une manière de solder administrativement des dossiers encombrants avant de passer à autre chose.

Impossible de trancher pour l’instant.
Mais une certitude demeure :

  • les irrégularités évoquées sont trop profondes pour être traitées comme de simples dérapages,

  • la frontière entre pouvoir politique et rente immobilière est devenue poreuse,

  • et la confiance publique continue de se fragiliser.

Conclusion : ce que nous savons… et ce qui manque encore

Les faits sont documentés.
Les rapports existent.
Les preuves s’accumulent.

Ce qui manque, c’est l’action. C’est la traduction judiciaire, disciplinaire ou politique de ces enquêtes.

D’où la question qui s’impose — simple, directe, incontournable :

**Si tout est connu, si tout est confirmé…

qu’est-ce qui empêche l’application du principe “responsabilité = reddition des comptes” ?
Et jusqu’à quand l’enquête restera-t-elle la seule conclusion ?**

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