Le PPS sonne l’alarme : les fuites révèlent une crise de crédibilité au cœur des organes de régulation médiatique
Au moment où le secteur de la presse marocaine tente tant bien que mal de reconstruire sa crédibilité, de nouvelles fuites audio attribuées à des membres du comité provisoire chargé de superviser la presse et l’édition viennent tout bouleverser. Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), voix de l’opposition, a décidé de briser le silence : il interpelle le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, et réclame une enquête urgente pour clarifier les faits et rétablir la confiance.
Une onde de choc dans l’opinion publique et la profession
Dans sa question écrite adressée au ministre, la députée Nadia Tahami évoque un véritable « état de sidération et d’indignation » ayant gagné l’opinion publique après la diffusion de ces enregistrements supposés provenir de membres de la commission d’éthique, des procédures disciplinaires et d’arbitrage.
Ce n’est pas une polémique de surface. Le contenu des fuites – tel qu’il circule – touche au cœur même de la mission confiée au comité provisoire : garantir neutralité, objectivité et indépendance.
S’il s’avère que des responsables au sein d’une instance censée défendre les règles déontologiques ont pu tenir des propos suggérant l’abus de position, la partialité ou la gestion politique des dossiers, c’est toute l’architecture institutionnelle qui se trouve fragilisée.
Une crise plus profonde qu’un simple scandale sonore
L’analyse montre que cette affaire n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un malaise structurel :
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absence de légitimité électorale des instances professionnelles ;
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conflits internes sur la représentation du corps journalistique ;
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tensions récurrentes sur la place de l’État dans le pilotage du secteur.
Ainsi, les fuites ne font que mettre au grand jour un problème déjà latent : la perte progressive de confiance dans les organes disciplinaires et de régulation.
Le gouvernement face à un choix : agir ou laisser pourrir la situation
Tahami interroge explicitement le ministre :
– Quelle est la position du gouvernement face aux révélations ?
– Une enquête a-t-elle été ouverte ?
– Quelles mesures seront prises pour garantir l’impartialité au sein du comité provisoire ?
Mais derrière ces questions institutionnelles se cache une interrogation plus large :
Le gouvernement entend-il réellement intervenir pour protéger la crédibilité des organes régulateurs, ou préfère-t-il laisser la crise se développer pour remodeler le secteur à sa convenance ?
Car jusqu’à présent, l’absence de réaction officielle alimente l’idée d’un malaise que l’exécutif observe à distance, au risque d’accroître la défiance.
Un impact direct sur l’image du Maroc et la confiance professionnelle
Les instances d’éthique de la presse sont un élément fondamental de l’image démocratique du pays. Un scandale impliquant ces structures peut être instrumentalisé à l’étranger et compromettre les efforts visant à présenter le Maroc comme un État modernisant son paysage médiatique.
Pour les professionnels, c’est encore plus grave : la crédibilité des mécanismes disciplinaires conditionne la confiance dans tout le système.
Et maintenant ? L’heure des décisions
La situation actuelle pourrait évoluer selon deux trajectoires :
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Un sursaut institutionnel
– enquête transparente,
– sanctions si les faits sont confirmés,
– révision du fonctionnement du comité provisoire. -
Une aggravation de la crise
– polarisation accrue,
– perte totale de confiance dans l’instance,
– paralysie durable du processus de régulation.
Alors que les débats s’intensifient, une question demeure :
qui protège la déontologie quand les institutions censées la défendre deviennent elles-mêmes sujettes au soupçon ?



