Omar El Kaouachi : Quand la vérité devient une épreuve morale
À une époque où la circulation d’une rumeur peut précéder, voire remplacer, l’établissement d’un fait, l’individu devient parfois la scène d’un jugement public anticipé. C’est dans ce contexte que Omar El Kaouachi, président de l’association Monde des Marocains, s’est retrouvé au centre d’une tempête de soupçons — une tempête qui s’est nourrie davantage du bruit que de la raison.
Les enquêtes menées par les autorités marocaines compétentes ont désormais tranché :aucune irrégularité, aucun manquement administratif, aucun comportement déviant n’a été constaté dans les activités de l’association. Les accusations qui avaient circulé, relayées sur la base d’éléments flous et non vérifiés, se sont révélées dépourvues de fondement.
Mais derrière cette affaire se cachent des questions plus profondes :Pourquoi certaines figures de la société civile, particulièrement celles œuvrant autour de la diaspora et de l’image du Maroc à l’étranger, deviennent-elles parfois la cible de tentatives de déstabilisation ? Qu’est-ce qui dérange lorsque l’on tente de bâtir des ponts entre les communautés, plutôt que des murs ?
Depuis sa création, l’association Monde des Marocains n’a pas cherché à simplement organiser des activités socio-culturelles. Elle a entrepris un chantier plus fondamental :
renforcer l’identité marocaine en diaspora, revaloriser le lien avec le pays d’origine, créer des espaces de dialogue, de soutien, de reconnaissance mutuelle.
Une mission exigeante, sensible… et parfois inconfortable pour ceux qui préfèrent une diaspora dispersée, silencieuse ou désorganisée.
Dans sa déclaration, Omar El Kaouachi a exprimé son soulagement face à la transparence de l’enquête, réaffirmant son engagement à poursuivre ses actions. Mais son attitude durant toute cette période est peut-être la véritable leçon : pas de polémique, pas de cris, juste la fidélité à la confiance placée dans les institutions.
La question, désormais, n’est plus : Omar El Kaouachi est-il innocent ?
Car cela est établi.
La véritable question est la suivante : Sommes-nous capables, en tant que société, de résister à la tentation du jugement immédiat et du scandale facile ?
Cette affaire n’est pas seulement la sienne. Elle nous concerne tous.



