Pyramids sur le toit de l’Afrique : un premier sacre qui soulève de nombreuses questions sur l’avenir du football continental
Dans une soirée footballistique intense au stade du 30 Juin au Caire, le club égyptien Pyramids FC a remporté la Supercoupe de la CAF, s’imposant (1-0) face au club marocain RS Berkane. Cette victoire marque un tournant majeur dans l’histoire du club égyptien, qui décroche son premier titre continental dans cette compétition, consolidant ainsi sa montée en puissance sur la scène africaine.
Mais ce sacre est-il simplement une victoire sportive ? Ou est-ce le symbole d’un bouleversement des équilibres dans le football africain ?
Une première mi-temps prudente : entre discipline et retenue
La première période s’est caractérisée par un équilibre tactique notable entre les deux formations. Chacune a tenté de créer des occasions, mais le manque de lucidité dans les derniers gestes a empêché l’ouverture du score.
Faut-il y voir une approche trop prudente des deux entraîneurs ? Une pression psychologique inhérente à la finale ?
Malgré la présence de joueurs d’expérience comme Mohamed Chibi et Walid El Karti côté Pyramids, ou des cadres confirmés du RS Berkane, aucun n’a su faire la différence durant ce premier acte.
Deuxième mi-temps : Pyramids prend le contrôle
Au retour des vestiaires, les Égyptiens ont affiché un tout autre visage : plus agressifs, mieux organisés, plus cohérents dans leur jeu. Une montée en intensité qui a mis en difficulté les Marocains, notamment au milieu de terrain.
S’agissait-il d’un changement tactique volontaire ? Ou d’un simple effondrement progressif de la RS Berkane sur le plan physique et mental ?
Le but décisif de Fiston Mayele, inscrit à la 75e minute sur un centre parfaitement dosé, a fait pencher la balance. Une réalisation symbolique qui récompense la domination progressive des Égyptiens.
Mais comment expliquer le relâchement défensif du RS Berkane à un moment si crucial ?
Berkane réagit, mais manque d’efficacité
Après avoir concédé l’ouverture du score, les Marocains ont tenté de revenir dans la partie par des offensives organisées. Cependant, le manque de justesse dans le dernier tiers, combiné à une défense égyptienne très bien en place, a compromis tout espoir d’égalisation.
Le problème est-il tactique ? Technique ? Mental ? L’absence de solutions offensives en sortie de banc interroge également.
Pyramids : un sacre qui dépasse le cadre sportif
Ce titre n’est pas anodin. Pour Pyramids, il s’agit d’une confirmation continentale après sa victoire en Ligue des Champions CAF la saison passée.
C’est aussi un message fort : le club, souvent considéré comme un « projet artificiel » au départ, prouve aujourd’hui qu’il peut s’imposer face à l’élite africaine.
Faut-il y voir une nouvelle ère, où les clubs émergents, portés par des investissements massifs, redessinent la hiérarchie du football africain ?
Ou bien cette réussite repose-t-elle sur des individualités brillantes, dont le départ pourrait tout remettre en question ?
RS Berkane : l’heure de la remise en question ?
Malgré leur combativité, les joueurs de Berkane repartent bredouilles. Leur engagement n’a pas suffi à combler le manque d’impact offensif.
Des ajustements sont-ils nécessaires ? Le staff devra-t-il revoir ses options tactiques et renforcer certains secteurs de jeu ?
فيستون مايلي يفتتح التسجيل لبيراميدز في شباك نهضة بركان#كأس_السوبر_الافريقية #بيراميدز #نهضة_بركان pic.twitter.com/0lf6e33oAZ
— beIN SPORTS (@beINSPORTS) October 18, 2025
Une Afrique du foot en pleine mutation
Le sacre de Pyramids FC n’est pas un épisode isolé. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de mutation du football africain, marquée par :
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L’émergence de nouvelles puissances sportives et financières,
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La professionnalisation croissante des structures,
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Et un niveau tactique en constante évolution.
Alors, sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ère du football africain ?
Les clubs historiques sauront-ils s’adapter à cette montée en puissance des nouveaux venus ?
Et surtout, ce changement est-il synonyme d’amélioration globale du niveau, ou d’inégalités croissantes entre les clubs du continent ?



