Dans une émission longue sur la chaîne Maroc TV, le journaliste Mohamed Tijani a proposé une lecture critique de la situation politique et sociale au Maroc, à un moment sensible marqué par la mobilisation continue de la jeunesse de la génération Z et par des revendications populaires pressantes. Tijani ne s’est pas limité à commenter les événements : il a livré une analyse approfondie mettant en lumière la crise d’application des discours royaux et posant des questions cruciales sur la capacité du gouvernement actuel à répondre aux attentes de la population.
Les revendications des jeunes : entre légitimité et attente
Tijani commence par souligner que les revendications de la jeunesse – emploi, santé, éducation, lutte contre la corruption et justice sociale – sont pleinement légitimes. Il insiste cependant sur le fait que, selon lui, le gouvernement actuel est incapable de répondre à ces demandes urgentes à court terme, et que la crise actuelle n’est pas récente mais résulte d’accumulations structurelles sur plusieurs décennies.
Le discours royal : référence et guide
Les discours royaux occupent une place centrale dans l’analyse de Tijani. Il note que toutes les parties – jeunes et gouvernement – restent dans une posture d’attente des directives royales. Cependant, il exprime sa crainte que ces discours restent lettre morte si des mesures concrètes ne les accompagnent pas. Ce constat soulève une question essentielle : que devient un discours royal s’il n’est pas mis en œuvre ?
Critique du gouvernement et de la bureaucratie
Tijani ne cache pas ses critiques envers le gouvernement, qu’il décrit comme « paralysé » et incapable de prendre des mesures urgentes pour répondre aux revendications populaires. Il cite également des pratiques inefficaces de certaines institutions, telles que le chevauchement des compétences des conseils chargés de la communauté marocaine résidant à l’étranger et le gaspillage des fonds publics, soulignant l’absence d’un mécanisme strict de reddition de comptes.
Réformes et futur politique
Pour Tijani, le changement politique est possible mais nécessite du courage et une volonté forte de la part de l’État et du futur gouvernement. Il met en garde contre une illusion basée uniquement sur des techniques électorales ou un simple renouvellement des visages politiques, affirmant que la réforme réelle requiert l’introduction de nouvelles figures capables de mettre en œuvre des plans concrets, un appel implicite à réformer l’élite politique actuelle.
Messages implicites au Palais et au peuple
Le discours contient des messages doubles :
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Au Palais : une alerte sur le risque que les recommandations royales ne soient pas mises en œuvre si l’immobilisme gouvernemental persiste, et un appel à assurer l’exécution et la reddition de comptes.
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Au peuple marocain : un avertissement sur les limites du gouvernement actuel et l’invitation à ne pas se contenter d’attendre ou de croire aux discours, tout en encourageant la jeunesse à suivre ses revendications de manière consciente et réaliste.
Questions clés posées par Tijani
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Pourquoi les discours royaux restent-ils parfois lettre morte ?
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Qui est responsable de l’application des recommandations royales ?
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Le gouvernement actuel est-il capable de satisfaire les revendications populaires ?
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Comment introduire de nouvelles figures compétentes pour un changement réel au sein des institutions ?
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Jusqu’où peut-on attendre, et à quel moment passer à l’action concrète ?
Conclusion
Mohamed Tijani, par son style direct et son langage populaire, propose une lecture critique approfondie de la situation marocaine. Il insiste sur le fait qu’une solution réelle à la crise exige une volonté politique forte, la mise en œuvre concrète des discours royaux, et l’injection de sang neuf au sein de l’élite politique. Le message est clair : aucun espoir réel sans détermination, et l’immobilisme politique ne laisse aucune place à l’illusion. La population a besoin de signes tangibles sur le terrain, pas seulement de paroles diffusées à la télévision.



