Au cœur des manifestations pacifiques des jeunes Marocains, le Dr. Abdallah Bousouf propose une lecture aiguë qui dépasse la vision superficielle centrée sur des classifications telles que « Génération Z » ou les comparaisons étrangères. Pour lui, cette étiquette risque de réduire la compréhension du mouvement jeune et de le transformer en un outil médiatique externe, alors que la réalité reflète une interaction interne saine témoignant de la maturité politique des Marocains.
« Les jeunes sont plus grands que toutes les lettres, tous les chiffres et toutes les couleurs… descendants d’Idrissi, d’Al-Hassan al-Wazzan et de Hassan al-Attar… capables de conduire le changement de l’intérieur du pays », affirme Bousouf, nous confrontant à une question fondamentale : une telle étiquette évalue-t-elle réellement la dimension politique et sociale des jeunes, ou la place-t-elle dans des cadres étrangers qui ne reflètent pas leur identité ?
La manifestation comme miroir des revendications sociales légitimes
Bousouf considère que les manifestations des 28 et 29 septembre ne sont pas de simples expressions de désordre, mais un cri réclamant l’accélération de réformes essentielles dans les domaines de la santé, de l’éducation et des services publics.
Il pose des questions cruciales :
-
Pourquoi ces manifestations ne sont-elles pas lues comme une opportunité de restructurer les cartes sanitaires nationales et de développer les infrastructures éducatives ?
-
Comment le gouvernement peut-il répondre concrètement aux aspirations des jeunes, au lieu de se limiter à un discours médiatique qui lie le mouvement aux réseaux mondiaux ou à une instrumentalisation politique externe ?
La dimension souveraine du calendrier des manifestations
Bousouf souligne la coïncidence sensible entre les manifestations et les négociations marocaines avec l’Union européenne, notamment sur l’étiquetage des produits agricoles et de la pêche, ainsi que le dossier du Sahara marocain attendu au Conseil de sécurité.
Il pose la question :
-
Le choix du moment des manifestations était-il fortuit ou fait-il partie d’un plan visant à affaiblir la capacité de négociation du Maroc ?
Les médias occidentaux entre amplification et distorsion
L’auteur estime que l’attention excessive de chaînes telles que CNN, France 24, BBC ou DW, comparée à l’ignorance de manifestations similaires dans d’autres pays, révèle des tentatives d’encadrement des jeunes Marocains dans des récits étrangers.
-
L’objectif est-il de politiser les manifestations à l’intérieur et à l’extérieur du pays ?
-
La couverture médiatique croissante traduit-elle une tentative de ternir l’image du Maroc et d’affaiblir sa position sur la scène internationale ?
Symboles numériques et slogans culturels
Bousouf analyse les symboles de la culture numérique, tels que les slogans de manga comme One Piece, qui ont été associés dans certains pays aux révolutions et aux manifestations. Il précise cependant que le Maroc n’a pas été témoin de tels symboles, renforçant ainsi l’interprétation suivante : les manifestations marocaines sont un produit national authentique, sans influence extérieure dominante.
La question ici :
-
Comment le Maroc peut-il renforcer la culture nationale parmi les jeunes pour qu’elle devienne une véritable référence pour les générations futures, loin des symboles étrangers ou de l’instrumentalisation politique externe ?
Synthèse analytique
Les manifestations des jeunes Marocains sont saines, mûres et fondées sur des bases nationales, et ne doivent pas être réduites à des classifications étrangères ou à des symboles empruntés.
Le défi aujourd’hui n’est pas d’évaluer la légitimité morale du mouvement, mais de l’utiliser pour améliorer les politiques éducatives et sanitaires et la communication avec les citoyens, tout en protégeant le pays de toute exploitation externe ou manipulation médiatique.
En conclusion, Bousouf nous ramène à une vérité fondamentale : le Maroc se trouve devant une opportunité rare de reconstruire l’État social, de renforcer la démocratie et d’instaurer la transparence, tout en préservant sa souveraineté et son indépendance stratégique sur le plan international.



