samedi, janvier 24, 2026
AccueilActualitésLes larmes d’Ouzzine… suffiront-elles à réveiller « l’humanité » perdue ?

Les larmes d’Ouzzine… suffiront-elles à réveiller « l’humanité » perdue ?

Dans une salle discrète de Rabat, par une soirée froide, Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement Populaire, est apparu sous un visage inattendu. Loin du discours politique figé, il n’a pas retenu ses larmes en évoquant les enfants de son village, pieds nus dans la neige, ou cette mère démunie confrontée à l’impitoyable système fiscal alors qu’elle cherchait de quoi soigner sa propre mère.

Ce n’était pas seulement un discours : c’était une plaidoirie, ou peut-être une supplique, pour ressusciter un mot que les Marocains n’entendent plus dans la bouche des responsables : « l’humanité ».

Mais une question s’impose :Des larmes suffisent-elles à transformer une réalité qui, chaque jour, broie les plus faibles ? Ouzzine réclame aujourd’hui ce qui semble manquer cruellement : un minimum de cœur dans la politique. Faut-il comprendre qu’il admet implicitement que la politique marocaine a perdu son âme ?

« L’argent existe »… mais où va-t-il ?

Ouzzine l’a dit sans détour : « l’argent existe ». Les chiffres annoncés par le gouvernement sont colossaux. Pourtant, pour les citoyens, ces milliards se dissipent comme de la brume. Les impôts sont prélevés directement, à la source, souvent à l’insu des contribuables, mais sans jamais revenir sous forme d’écoles dignes, ni d’hôpitaux humains.

La vraie question n’est donc pas : avons-nous des moyens financiers ?
Mais plutôt : pourquoi ces moyens n’améliorent-ils pas la vie quotidienne ?
Où se perd ce lien entre le budget national et le quotidien des Marocains ? Et surtout : pourquoi le citoyen a-t-il toujours l’impression de payer pour un service qu’il ne reçoit jamais ?

Quand les cliniques oublient leur vocation première

Ouzzine a livré une histoire personnelle : une clinique de Rabat a refusé de soigner sa mère malade (que Dieu ait son âme) au motif que la signature de son chèque n’était pas exactement à la place prévue.

Le règlement peut-il justifier une telle absence d’humanité ?
La médecine est-elle encore un métier de compassion, ou est-elle devenue un simple commerce ?

Cette anecdote rejoint le vécu de milliers de familles confrontées à des hôpitaux publics délabrés et à des cliniques privées où les chèques de garantie semblent plus importants que la vie des patients.

Les enfants du « Maroc profond »… une douleur persistante

Dans un moment d’émotion, Ouzzine s’est souvenu des enfants de son village, situé à plus de 2200 mètres d’altitude. Il les avait croisés, en plein hiver, marchant vers l’école, certains en sandales usées, d’autres pieds nus.
« Quand je repense à cette scène, je me demande toujours : quand notre gouvernement aura-t-il enfin un peu d’humanité ? », a-t-il confié la voix brisée.

Là encore, une interrogation lancinante surgit :
La justice territoriale que brandissent les gouvernements successifs n’est-elle qu’un slogan creux ?
Ou bien existe-t-il une véritable volonté politique de briser la centralisation excessive et de redistribuer équitablement l’investissement public entre métropoles et campagnes oubliées ?

Des larmes politiques… ou une vraie prise de conscience ?

En conclusion, Ouzzine a rappelé que la responsabilité politique n’est pas faite de privilèges ni d’apparat, mais de fidélité à une mission : garantir l’équité, la justice territoriale et professionnelle.

Mais une question reste en suspens :
Si un chef de parti en vient à pleurer publiquement devant de telles injustices, que dire alors des larmes silencieuses versées chaque jour par les citoyens ordinaires ?

Assiste-t-on à un rare moment de vérité politique ?
Ou bien s’agit-il d’un chapitre supplémentaire dans l’art du discours, sans lendemain concret ?

Articles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Les plus lus

Recent Comments