vendredi, avril 10, 2026
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Le Kenya brise le silence géopolitique : la reconnaissance du plan d’autonomie marocain redessine les lignes d’alignement africaines sur le dossier du Sahara

Dans une séquence diplomatique qui peut sembler, en surface, classique mais qui révèle en profondeur des recompositions géopolitiques en cours, la République du Kenya a officialisé, depuis Nairobi, son soutien au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine concernant le Sahara. Ce positionnement ne se limite pas à une déclaration protocolaire : il s’inscrit dans une dynamique plus large de réalignement progressif des positions africaines sur un dossier longtemps marqué par la stagnation diplomatique.

Cette évolution a été annoncée à l’occasion de la première session de la commission mixte de coopération maroco-kényane, coprésidée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le Premier ministre et chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi. Derrière l’architecture institutionnelle du dialogue bilatéral, le dossier du Sahara s’est imposé comme un axe structurant, révélant une convergence politique assumée entre les deux pays.

Dans le communiqué conjoint, le Kenya qualifie le plan d’autonomie proposé par le Maroc de « solution la plus crédible et réaliste » pour le règlement du différend régional. Une formulation particulièrement significative, dans la mesure où elle traduit un glissement d’une posture de neutralité diplomatique vers une reconnaissance politique explicite d’une approche spécifique portée par Rabat depuis des années au sein de l’Organisation des Nations unies.

Plus encore, Nairobi exprime sa volonté de collaborer avec les États partageant la même vision afin de renforcer la consolidation de ce plan. Cette dimension proactive transforme le soutien kényan en un levier potentiel d’influence diplomatique, susceptible d’alimenter une coalition plus large en faveur de la solution d’autonomie sur le continent africain.

Dans ce contexte, la dynamique portée par le roi Mohammed VI apparaît comme un facteur structurant, ayant permis au Maroc de renforcer sa présence diplomatique en Afrique à travers une stratégie combinant partenariats économiques, coopération Sud-Sud et réintégration institutionnelle au sein de l’Union africaine.

L’accueil favorable du Kenya à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies est également notable, car il inscrit ce soutien dans le cadre du droit international et du processus onusien, consolidant ainsi la légitimité de l’approche marocaine. Nairobi réaffirme par ailleurs son attachement au rôle exclusif des Nations unies dans la recherche d’un règlement politique durable.

Au-delà du contenu déclaratif, ce rapprochement illustre une recomposition plus large des équilibres africains autour de la question du Sahara, où les logiques idéologiques cèdent progressivement la place à des approches pragmatiques centrées sur la stabilité et le développement régional.

Ainsi, cette déclaration conjointe dépasse le cadre bilatéral : elle s’inscrit dans une narration diplomatique en construction, où le soutien au plan d’autonomie devient un marqueur d’alignement stratégique dans un continent en pleine reconfiguration géopolitique.

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