Le mercredi 8 avril 2026, le quartier Al-Mouhit à Rabat a connu une tension inédite devant le bureau des collectivités locales du quartier An-Nahda, alors que les habitants tentaient d’exprimer leur opposition à un projet d’expropriation touchant leurs domiciles. Leurs démarches ont été entravées par des interventions visant à limiter la liberté de la presse et à restreindre le contact avec les journalistes.
Selon les informations de terrain recueillies par “Safirkum”, plusieurs habitants se sont rendus au bureau pour enregistrer leurs observations sur l’inclusion de leurs logements dans le projet d’expropriation, mais ont été surpris par l’absence de registre officiel pour consigner leurs plaintes, ce qu’ils ont considéré comme une violation des procédures légales en vigueur.
Entrave à la presse et restriction de la couverture médiatique
La présence de journalistes a coïncidé avec des interventions de personnes en civil qui ont commencé à filmer les reporters avec leurs téléphones, avant qu’un individu ne demande l’arrêt de l’enregistrement, prétextant un contact ultérieur avec leurs institutions médiatiques et lançant un avertissement implicite : « Ne filmez pas, nous allons contacter votre administration ».
Plus tard, il a été constaté que les habitants étaient empêchés de sortir par la porte principale, afin d’éviter tout contact avec la presse. Ils ont été dirigés vers la porte arrière, un geste révélateur du manque de transparence et soulevant des questions sur la légalité des procédures appliquées.
Absence d’utilité publique et indemnités insuffisantes
Les observations déposées par les habitants soulignent l’absence d’une véritable utilité publique, en raison de l’absence d’un projet clair ou d’un plan d’aménagement approuvé justifiant l’expropriation.
Les habitants ont également critiqué les indemnités fixées à 13 000 dirhams/m², nettement inférieures aux valeurs réelles dépassant les 25 000 dirhams/m². Ils dénoncent le manque d’équité dans l’évaluation, où des biens récents et de grande valeur sont mis sur le même plan que des bâtiments anciens ou en ruine, sans prendre en compte le préjudice psychologique et moral engendré par l’expropriation.
Une des victimes a exprimé son étonnement de voir des immeubles récents, comme le sien, inclus dans le projet, précisant que l’âge de son bâtiment ne dépasse pas 13 ans. Elle a insisté sur le fait que l’absence de registre officiel pour consigner les observations l’a poussée à douter de la légalité de la procédure, surtout après que les habitants aient été invités à écrire leurs remarques sur des feuilles blanches non officielles.
Menace implicite et absence de dialogue direct
Un habitant a précisé que la demande des citoyens se limite à ouvrir un dialogue direct avec les autorités, signalant que tout contact avec l’administration se résumait à un appel d’un agent de l’autorité, perçu comme une menace implicite : choisir entre vendre ou subir l’expropriation. Plusieurs habitants ont été contraints de signer sous pression, en l’absence de clarifications officielles.
Les habitants ont souligné qu’ils n’opposent pas aux projets d’aménagement ou de développement, mais demandent le respect de la loi et la transparence, affirmant leur volonté de défendre leurs droits de manière pacifique et légale.
Conséquences psychologiques et sociales
Les habitants ont évoqué des répercussions psychologiques croissantes, certains ayant recours à des sédatifs en raison du stress généré par la situation, considérant que le préjudice moral dépasse désormais le préjudice matériel, dans un contexte de flou autour du projet et d’information insuffisante.
Ils ont appelé à l’intervention des autorités supérieures pour garantir le respect des procédures légales et ouvrir un dialogue direct avec eux, soulignant que leurs demandes ne visaient ni obstruction ni conflit, mais uniquement la protection de leurs droits et de leurs logements conformément à la loi.


