Dans un contexte où les indicateurs d’inquiétude sociale et économique se multiplient, le Parti du progrès et du socialisme remet au centre du débat une question qui dépasse la simple interpellation gouvernementale : les préoccupations du citoyen marocain trouvent-elles réellement une oreille attentive au sein des sphères décisionnelles, ou bien le fossé entre discours officiel et réalité vécue continue-t-il de se creuser silencieusement ?
À travers une question écrite adressée par la députée Nadia Téhami au ministre de l’Industrie et du Commerce, le parti ne se limite pas à décrire la cherté de la vie comme un phénomène conjoncturel. Il la requalifie en crise systémique touchant au cœur des équilibres sociaux. Entre les assurances gouvernementales et la réalité des marchés, une contradiction majeure apparaît : les prix des biens de première nécessité et des services ne cessent d’augmenter, tandis que le pouvoir d’achat des ménages s’érode progressivement.
La dimension visible de cette crise réside dans la flambée des prix. Mais sa dimension implicite révèle un enchevêtrement de dysfonctionnements : hausse des coûts de production agricole liée à l’énergie, efficacité limitée des politiques publiques en matière de régulation des marchés, et dépendance structurelle aux fluctuations des prix des carburants. Ces derniers ne sont plus un simple produit, mais un facteur structurant qui redéfinit l’ensemble des coûts économiques et impacte directement la sécurité alimentaire et le niveau de vie.
Ce qui distingue l’approche du parti, au-delà du diagnostic, c’est la critique de la réponse gouvernementale, jugée partielle et sélective. Le soutien ciblé à certaines catégories, notamment les professionnels du transport, est perçu comme insuffisant face à une crise aux racines profondes. Dès lors, une interrogation s’impose : des mesures ponctuelles peuvent-elles corriger des déséquilibres structurels, ou ne font-elles que contenir temporairement les tensions sociales ?
Dans cette optique, le parti avance un ensemble de propositions mêlant urgence et réforme : plafonnement temporaire des prix et des marges des carburants, réduction des taxes indirectes sur la consommation, révision de la fiscalité appliquée aux grandes الشركات actives dans l’importation et la distribution, lutte contre les pratiques spéculatives et les ententes illicites, renforcement des capacités nationales de stockage énergétique, et encadrement plus strict du marché pour protéger le consommateur.
Au-delà de ces recommandations, l’enjeu central demeure la capacité de l’exécutif à passer d’une logique de justification à une logique d’action. Car la véritable épreuve ne réside plus dans le diagnostic, mais dans la restauration de la confiance du citoyen, à travers des politiques concrètes et perceptibles dans son quotidien.
Ainsi, la question des carburants et de la vie chère dépasse le cadre économique pour devenir un test politique à part entière : celui de la capacité de l’État à réguler le marché, à protéger les plus vulnérables et à rétablir un équilibre social fragilisé par des crises successives. Entre attentes sociales et réponses publiques, le citoyen reste en première ligne, dans l’attente de décisions capables de lui redonner un minimum de visibilité et de stabilité.


