vendredi, février 27, 2026
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Benkirane réagit aux déclarations de Bourita concernant le « Conseil de la paix » à Gaza et soulève la question des implications politiques.

Dans un contexte régional et international marqué par une tension extrême, le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a choisi d’adresser une critique publique au ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à la suite de déclarations qui lui ont été attribuées concernant le rôle supposé du Maroc dans la conduite d’un programme de lutte contre les discours de haine à Gaza, dans le cadre du « Peace Council » soutenu par les États-Unis. Au-delà d’un simple désaccord politique, l’épisode révèle une interrogation plus profonde sur les limites du discours diplomatique et sur le positionnement du Maroc dans l’équation palestinienne.

Dans une vidéo publiée sur sa page officielle, Benkirane ne s’est pas contenté de questionner l’opportunité des propos ; il a mis en garde contre leur possible interprétation, estimant qu’ils pourraient nuire à l’image du Maroc et brouiller sa position historique sur la cause palestinienne. Son intervention s’inscrit dans une double logique : celle d’un leader partisan s’adressant à sa base, mais aussi celle d’un acteur politique conscient du poids symbolique de la diplomatie marocaine.

Le cœur de sa critique porte sur la notion de « coexistence » dans un contexte d’occupation. Selon lui, promouvoir la coexistence dans les circonstances actuelles pourrait être perçu comme une injonction adressée aux Palestiniens eux-mêmes, les invitant à ne plus considérer Israël comme un adversaire. Or, soutient-il, un tel discours devrait d’abord viser la puissance occupante, et non la population vivant sous occupation. La question devient alors sémantique et politique : à qui demande-t-on d’ajuster son attitude ?

Benkirane réaffirme par ailleurs que le conflit ne saurait être réduit à un différend politique passager, mais qu’il s’agit d’un conflit structurel lié à la terre, aux droits et au déplacement des populations. Dans cette perspective, les initiatives centrées sur le « discours de haine » risqueraient d’apparaître comme un traitement des symptômes plutôt que des causes profondes.

Tout en rappelant que la politique étrangère relève des prérogatives souveraines du Roi Mohammed VI, il souligne que cela n’empêche ni les partis politiques ni l’opinion publique d’exprimer leurs positions sur les affaires internationales. Cette précision traduit un équilibre délicat entre respect des institutions et liberté d’expression politique.

En réitérant l’opposition constante du Parti de la justice et du développement à la normalisation avec Israël, Benkirane replace le débat dans une continuité idéologique assumée. Il conclut en affirmant que la paix durable ne peut être atteinte qu’à travers la restauration des droits palestiniens, appelant à convaincre l’administration américaine d’adopter une approche équitable plutôt que d’exercer une pression sur les Palestiniens.

Ainsi, le débat dépasse la controverse ponctuelle. Il interroge la cohérence entre engagement diplomatique, mémoire politique et attentes internes, dans un moment où chaque mot prononcé sur Gaza porte une charge stratégique et symbolique considérable.

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