Dans une nouvelle séquence diplomatique illustrant l’engagement croissant du Maroc dans les dynamiques africaines de paix, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies, Omar Hilale, a présenté un exposé devant le Conseil de sécurité, en sa qualité de président de la configuration République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix. Cette intervention, tenue à l’invitation de la présidence britannique du Conseil, a constitué une plateforme politique visant à évaluer les progrès réalisés à la suite des élections et à tracer les priorités pour la consolidation des acquis.
L’intervention s’inscrivait dans le contexte des élections présidentielle, législatives, régionales et municipales organisées le 28 décembre 2025. Hilale a souligné que ce scrutin s’est déroulé dans des conditions globalement pacifiques, libres et transparentes, marquant une étape importante dans le renforcement de la légitimité institutionnelle et de la transition démocratique. Au-delà de l’appréciation procédurale, ce constat traduit une volonté de consolider la stabilité politique comme fondement de toute réforme structurelle.
Au nom de la Commission de consolidation de la paix, le diplomate marocain a félicité le président Faustin-Archange Touadéra pour sa réélection et pour l’engagement affiché des autorités centrafricaines en faveur de la continuité institutionnelle et du processus démocratique. Toutefois, il a également reconnu que les progrès réalisés ne doivent pas occulter les défis sécuritaires persistants, rappelant que la stabilisation demeure un chantier inachevé.
Dans cette perspective, quatre priorités stratégiques ont été mises en avant. La première concerne la poursuite de la réforme du secteur de la sécurité et l’extension effective de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. La deuxième priorité porte sur la consolidation du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), qui a permis, selon les données présentées, la démobilisation de 13 groupes armés sur 14 — un résultat significatif qui appelle cependant une attention particulière quant à l’intégration durable des anciens combattants.
La troisième priorité vise le renforcement de la justice et de l’État de droit, notamment à travers le soutien à la Cour pénale spéciale et aux mécanismes de justice transitionnelle, considérés comme essentiels pour lutter contre l’impunité et prévenir la résurgence des violences. La quatrième priorité établit un lien structurel entre stabilité et développement inclusif, soulignant que la paix ne peut être pérenne sans retombées économiques concrètes et investissements publics structurants.
Sur le plan économique, Omar Hilale a rappelé le rôle joué par le Maroc dans l’organisation, à la demande du gouvernement centrafricain, de la table ronde des partenaires tenue à Casablanca les 14 et 15 septembre 2025. Cette rencontre a permis de mobiliser environ 9 milliards de dollars pour financer le Plan national de développement 2024-2028, représentant une avancée majeure dans la consolidation des projets d’infrastructure et des initiatives structurantes.
Il a appelé les partenaires internationaux à soutenir la mise en œuvre effective de ces engagements financiers afin de transformer les promesses de financement en réalisations concrètes. Dans la même dynamique, il a mis en lumière le Fonds « Emai », lancé officiellement par le gouvernement centrafricain en marge de la table ronde, et encouragé les États et partenaires à contribuer à ce mécanisme destiné à renforcer l’appropriation nationale du développement.
Enfin, le diplomate a réaffirmé le rôle central de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), la qualifiant de partenaire stratégique non seulement en matière de sécurité, mais également dans le soutien aux réformes institutionnelles et au développement.
Cette réunion a également été marquée par la présentation du rapport du Secrétaire général des Nations unies par la Représentante spéciale et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, illustrant la complémentarité entre l’évaluation onusienne et l’action diplomatique engagée sur le te


