À un moment diplomatique particulièrement sensible, les Nations unies ont replacé le dossier du Sahara au centre d’une nouvelle dynamique politique en annonçant que les pourparlers en cours à Washington sont coprésidés par l’ONU et les États-Unis, avec pour objectif explicite la « mise en œuvre » de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. L’annonce, faite lors du point de presse quotidien, dépasse le simple cadre procédural : elle redéfinit le tempo et les équilibres du processus.
Le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a confirmé que l’Envoyé personnel pour le Sahara, Staffan de Mistura, copréside les négociations avec l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Michael Waltz. Cette « coprésidence » n’est pas anodine : elle traduit un engagement institutionnel direct de Washington dans la conduite du processus, au-delà d’un simple soutien politique en arrière-plan.
Les Nations unies ont également précisé que « les mêmes participants » qu’à la réunion de Madrid prennent part aux discussions de Washington. Autrement dit : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. La mention explicite de l’Algérie consolide la configuration quadripartite consacrée par les résolutions récentes du Conseil de sécurité, et confirme que la communauté internationale considère le différend dans sa dimension régionale.
La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, appelle les parties à négocier sur la base de l’initiative marocaine d’autonomie présentée en 2007. En parlant de « mise en œuvre », l’ONU ne relance pas un processus vierge ; elle inscrit les discussions actuelles dans un cadre déjà balisé, où l’initiative d’autonomie constitue la référence centrale.
La discrétion annoncée par de Mistura – afin de « donner aux négociations les meilleures chances de succès » – reflète la sensibilité de la phase actuelle. Moins d’effets d’annonce, davantage de diplomatie silencieuse : tel semble être le pari. Washington devient ainsi un test politique majeur. Soit les parties transforment l’accumulation des résolutions en avancée concrète, soit le dossier risque de retomber dans un cycle de blocage prolongé.


