mercredi, février 18, 2026
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Transfert de Nezha Majdi à la prison de Berrechid : son dossier revient au cœur du débat.

Alors qu’une partie des observateurs espérait une évolution favorable dans le dossier de l’enseignante Nezha Majdi, l’annonce de son transfert de la prison d’El Arjat à Salé vers l’établissement pénitentiaire de Berrechid a ravivé le débat et redonné à l’affaire une dimension humaine qui dépasse le strict cadre procédural. Ce dossier, né dans le contexte des mobilisations liées au statut des enseignants contractuels, ne se limite plus, pour nombre de ses soutiens, à une décision judiciaire : il est devenu le récit d’une femme placée au cœur d’une tension entre expression revendicative et application de la loi.

La Coordination nationale des enseignants et cadres de soutien recrutés par contrat a indiqué, dans un communiqué, avoir été informée de ce transfert, accompagné d’un changement du jour de visite, désormais fixé au mercredi au lieu du vendredi. Pour ses membres, cette décision s’inscrit dans un contexte qu’ils jugent sensible et porteur d’effets moraux sur l’intéressée et sa famille. De leur côté, les transferts entre établissements pénitentiaires relèvent des prérogatives de l’administration compétente et peuvent répondre à des considérations organisationnelles, sécuritaires ou logistiques, ce qui ouvre la voie à des lectures divergentes quant à leur portée réelle.

Nezha Majdi, ancienne membre du Conseil national de la Coordination, a été condamnée à trois mois de prison ferme pour des faits comprenant notamment participation à un rassemblement non autorisé, violation de l’état d’urgence sanitaire, outrage à des agents publics dans l’exercice de leurs fonctions et atteinte à une institution organisée. Ses soutiens estiment que ces poursuites s’inscrivent dans un contexte de mobilisation sociale à caractère revendicatif, tandis que la juridiction de première instance de Rabat a statué sur la base des éléments et qualifications juridiques qui lui ont été soumis, conformément aux textes en vigueur.

Le refus du tribunal d’accorder une peine alternative à l’emprisonnement a également suscité des réactions dans certains milieux associatifs et de défense des droits, qui y voient une occasion manquée d’explorer des mécanismes conciliant exécution de la loi et prise en compte des circonstances sociales. Toutefois, le recours aux peines alternatives demeure encadré par des conditions légales et relève du pouvoir d’appréciation du juge.

Au-delà des arguments juridiques et des positions institutionnelles, l’affaire conserve une dimension profondément humaine. La Coordination évoque les répercussions psychologiques et sanitaires du transfert sur l’enseignante ainsi que les difficultés pour sa famille, notamment sa mère. Entre communiqués militants et décisions judiciaires, il y a aussi le quotidien d’une famille confrontée à l’épreuve de l’incarcération, et celui d’un corps professionnel marqué par des années de tensions autour de son statut.

Ainsi, le transfert de Nezha Majdi ne constitue pas seulement un fait administratif. Il s’inscrit dans un débat plus large sur les limites de l’action protestataire, l’interprétation juridique des actes commis dans un contexte social tendu, et la place des peines alternatives dans le système pénal. Entre les appels à sa libération et la continuité du processus judiciaire, le dossier demeure ouvert sur le plan du débat public, dans le respect des institutions et des principes de l’État de droit.

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