Dans une décision qui suscite de vifs débats, la Cour d’appel de Marrakech a condamné, mardi dernier, 48 jeunes à des peines de prison ferme allant de six ans à six mois, à la suite des manifestations survenues il y a quelques semaines dans le quartier de Sidi Youssef Ben Ali, connues sous le nom de “manifestations de la Génération Z”.
Selon les détails du jugement, les prévenus ont été poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment : attroupement armé, participation à une manifestation non autorisée, rébellion, détérioration volontaire de biens publics, outrage à des fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions et usage de la violence ayant entraîné des blessures, ainsi que la participation à de tels actes.
Le jugement a réparti les peines comme suit :
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six personnes à 6 ans de prison ferme,
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sept personnes à 4 ans,
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quatre personnes à 3 ans,
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six personnes à 2 ans,
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quatre personnes à 2 ans avec une limite de 6 mois,
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21 personnes à 6 mois de prison ferme, avec prise en charge des frais judiciaires.
Dans une déclaration à l’Association Marocaine des Droits Humains, Omar Arbib, président de la section de Marrakech, a qualifié ces peines de “dures”, soulignant qu’elles concernent principalement des jeunes du même quartier. Il a également rappelé que ces condamnations s’inscrivent dans la continuité d’autres décisions touchant des manifestants lors de mouvements sociaux antérieurs, incluant des mineurs, des personnes malades et même des individus en situation de handicap, soulevant des interrogations sur l’équilibre entre application de la loi et protection des droits humains.
Arbib a précisé que la Cour d’appel a ainsi clôturé la phase de première instance, qui portait sur huit dossiers impliquant des dizaines de prévenus, dont quatre dossiers concernant des mineurs et quatre autres des adultes. Cette décision soulève des questions sur l’avenir du dialogue entre l’État et la jeunesse, notamment face à la montée des contestations de la Génération Z dans différentes villes, et sur le risque que ces condamnations contribuent soit à apaiser, soit à exacerber la situation.



