Dans une soirée qui tenait presque du rituel collectif de célébration de l’amour et de la mémoire musicale, la salle du Mégarama Casablanca s’est transformée en un véritable théâtre vibrant de rythmes et de nostalgie, où l’artiste populaire Marouane Lebbar a embrasé le public avec son spectacle « Chaabi Thérapie », affichant complet, organisé par Work Event à l’occasion de la Saint-Valentin.
L’événement ne se limitait pas à un simple concert, mais prenait la forme d’une expérience émotionnelle collective, rappelant la capacité de la chanson populaire marocaine à traverser les générations et à s’adapter aux sensibilités contemporaines. La salle, pleine à craquer, témoignait non seulement de la popularité croissante de Lebbar, mais aussi d’un besoin profond du public pour ce type de « thérapie culturelle », mêlant divertissement et enracinement identitaire.
Sur scène, l’artiste a proposé un répertoire riche et intelligemment construit, combinant les classiques du chaâbi à une touche moderne. Des titres emblématiques tels que « Bghini Nbghik », « L‘Aar Ya L‘Aar », « Moulay Abdallah » ou encore « Allah Allah » ont résonné, accompagnés de séquences issues de l’art de l’aita, redonnant vie à l’esprit des fêtes traditionnelles, des moussem et des souks d’antan, dans une mise en scène contemporaine et soignée.
Ce qui a particulièrement marqué cette soirée, au-delà de la qualité artistique, c’est la relation quasi organique entre l’artiste et son public. Lebbar ne s’est pas contenté d’interpréter, il a guidé une véritable communion collective, incitant les spectateurs à chanter, danser et participer, rappelant que la chanson populaire n’est pas un produit formaté, mais une pratique sociale vivante.
Le concert de Casablanca constitue ainsi la deuxième étape d’une nouvelle tournée artistique, qui mènera l’artiste à travers plusieurs villes marocaines et européennes. Une démarche qui vise à renforcer la présence du chaâbi auprès des Marocains du monde, où cette musique devient un vecteur de mémoire, de nostalgie et d’appartenance.
Dans une brève déclaration, Marouane Lebbar a exprimé sa profonde gratitude envers son public, estimant que cette soirée marque un tournant dans son parcours artistique, et annonce une phase plus ambitieuse, axée sur la construction d’une expérience musicale complète, respectueuse du patrimoine tout en étant résolument tournée vers l’avenir.
Ainsi, « Chaabi Thérapie » apparaît moins comme un simple concept marketing que comme une véritable lecture du rôle du chaâbi dans le Maroc d’aujourd’hui : une musique qui soigne par le souvenir, répare par la mémoire collective et recrée du lien dans une société en pleine mutation.



