mercredi, février 11, 2026
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Des ports aux assiettes vides : quand les légumes quittent le Maroc et que le citoyen paie la facture

La hausse des prix des fruits et légumes sur les marchés marocains atteint des niveaux sans précédent. Les citoyens n’avaient jamais connu de tels tarifs, tandis que certaines sources affirment que le Maroc rencontre actuellement des difficultés dans l’exportation de ses produits agricoles vers l’Europe en raison des inondations et des mauvaises conditions climatiques. Une contradiction s’impose alors : si les produits sont bloqués dans les entrepôts et les ports, pourquoi ne sont-ils pas écoulés sur le marché national, alors que le consommateur marocain est le premier concerné ?

Aujourd’hui, les prix de certains produits de base, comme l’oignon, oscillent entre 12 et 15 dirhams le kilo, et atteignent parfois 30 dirhams dans certaines régions. Les autorités justifient cette flambée par le fait que les pluies ont empêché les agriculteurs de récolter leurs cultures, tandis que d’autres expliquent que les inondations ont perturbé l’exportation vers l’Europe. Or, si les produits existent réellement et sont stockés, pourquoi ne pas les libérer pour le marché intérieur, conformément au principe selon lequel « les plus proches sont les plus prioritaires » ?

De nombreux citoyens estiment que les fruits et légumes proposés sur les marchés locaux sont, en réalité, ceux qui ont été refusés par l’Union européenne pour non-conformité aux normes de qualité. L’Europe sélectionne les meilleurs produits et laisse le reste au marché marocain, sans que cela ne se traduise par une baisse des prix.

Sur le plan professionnel, les exportations marocaines de fruits et légumes font face à de fortes perturbations en raison des mauvaises conditions météorologiques. Le trafic des camions à travers le port Tanger Med a été ralenti, ce qui a entraîné une accumulation des marchandises, une baisse de la qualité des produits frais et une diminution de leur valeur commerciale.

Les médias européens ont rapporté que les conditions climatiques exceptionnelles en Afrique du Nord, notamment au Maroc, ainsi qu’en Europe du Sud, ont gravement affecté les chaînes d’approvisionnement. Cette situation a provoqué une pénurie de fruits et légumes dans plusieurs pays européens, comme l’Autriche et les Pays-Bas, où les prix ont fortement augmenté.

Dans ce contexte, Hussein Adradour, président de la Fédération interprofessionnelle des producteurs et exportateurs de fruits et légumes au Maroc, a déclaré que les mauvaises conditions climatiques et la forte houle en Méditerranée ont fortement ralenti le passage des camions vers l’Europe, provoquant un arrêt quasi total de certaines opérations d’exportation.

Il a ajouté que les longues périodes d’attente au port Tanger Med affectent directement le rythme des exportations et la qualité des produits, en particulier les produits frais et périssables, qui ne supportent pas les délais prolongés.

De son côté, Ali Bida, producteur et exportateur dans les provinces du Sud, a expliqué que près de 80 % des exportations marocaines de fruits et légumes se font par voie maritime, ce qui rend le secteur extrêmement vulnérable aux aléas climatiques.

Selon lui, l’arrivée simultanée de grandes quantités de produits sur les marchés européens, après plusieurs jours de blocage, entraîne une saturation de l’offre et une baisse automatique des prix de vente, augmentant ainsi les pertes pour les exportateurs marocains.

Concernant l’hypothèse d’un arrêt des exportations, Bouazza El Kharati, président de l’Université marocaine des droits du consommateur, a souligné que les exportateurs sont liés par des contrats internationaux, et que toute rupture peut entraîner des sanctions financières, sauf en cas de force majeure.

Il a toutefois insisté sur le fait qu’un arrêt prolongé des exportations pourrait nuire gravement à l’économie nationale à moyen et long terme, étant donné que ce secteur constitue une source essentielle de devises étrangères.

Enfin, El Kharati a rappelé que le marché marocain connaît actuellement une grande abondance de produits agricoles après les dernières pluies, mais que l’enjeu principal, à l’approche du mois de Ramadan, reste le renforcement du contrôle des marchés afin de protéger le pouvoir d’achat des familles marocaines.

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