Au cœur des grandes réformes que connaît le Maroc ces dernières années, le système de santé et le chantier de la protection sociale occupent une place prioritaire, car ils touchent directement la vie des citoyens et reflètent l’essence de la vision de l’État pour construire un État social fort et équitable. Cette vision, fondée sur les directives royales, n’est plus seulement théorique ; elle se traduit progressivement par des projets et des lois, au sein de débats et d’analyses qui examinent ce qui a été réalisé et ce qui reste à accomplir.
Dans ce cadre, le syndicat indépendant des secteurs de la santé, membre de l’Union des syndicats indépendants du Maroc, a tenu son assemblée régulière au siège central le lundi 26 janvier 2026, avec la participation des membres de son bureau national, pour examiner l’actualité du secteur de la santé et de la protection sociale et définir sa position sur les questions essentielles, dans le suivi du parcours de réforme nationale basé sur la vision royale pour un État social fort et équitable.
Une vision claire… mais une mise en œuvre complexe
Le syndicat a souligné que le pari de réformer le système de santé est long et complexe, nécessitant une volonté politique ferme, des ressources humaines et matérielles suffisantes, et une coopération efficace entre tous les acteurs concernés. Les projets de réforme, y compris la loi-cadre et les groupes territoriaux de santé, représentent des étapes concrètes vers une gestion plus proche du citoyen, mais ne sont pas exempts de défis et de lacunes qui doivent être traités de manière continue pour garantir leur efficacité sur le terrain.
Dans ce cadre, l’initiative a permis d’étendre de manière significative la couverture sanitaire obligatoire, qui atteint désormais environ 88 % de la population, soit près de 22 millions de citoyens, y compris les catégories vulnérables et à revenus limités. La couverture sanitaire soutenue par l’État (AMO Tadamon) offre également un accès aux soins dans les hôpitaux publics et privés sans charge financière directe pour les bénéficiaires, avec des budgets importants garantissant la pérennité de cette option sociale.
Les réalisations… mais elles restent insuffisantes
Malgré ces progrès, le système de santé fait face à des défis structurels :
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La pénurie de ressources humaines médicales, le projet visant à atteindre 4,5 médecins pour 1000 habitants d’ici 2030, soit le minimum recommandé par les standards internationaux pour garantir la qualité des services.
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Les inégalités dans la distribution des services, avec des difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales ou éloignées, contrairement aux grandes villes.
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La gestion des ressources et équipements, qui nécessite encore des améliorations pour assurer la continuité et la qualité des services.
Le syndicat a souligné que toute réforme ne peut être généralisée sans une évaluation rigoureuse des expérimentations pilotes, et un suivi continu sur plusieurs mois et années pour tirer des conclusions fiables et utiles pour le secteur.
Préserver les services essentiels
L’assemblée a insisté sur le fait que les services essentiels au sein des établissements de santé, notamment les consultations médicales, les orientations, les traitements, le suivi infirmier et la gestion administrative, doivent rester au cœur de la responsabilité du secteur public, avec une délégation limitée aux fonctions non essentielles telles que la sécurité, le nettoyage, le jardinage et la restauration, afin de garantir la qualité des soins et la protection des données personnelles des bénéficiaires.
La réussite de la réforme dépend de l’engagement collectif
L’assemblée a conclu que le succès du chantier de réforme repose sur l’engagement collectif de tous les acteurs, y compris l’État, les syndicats et les citoyens, afin de transformer les initiatives en résultats concrets et perceptibles par les populations, loin de toute démarche purement formelle ou résultats temporaires.
Dans ce cadre, l’initiative royale pour développer le système de santé et la protection sociale ne se limite pas à un cadre législatif, mais constitue un projet global nécessitant l’activation des ressources, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement du contrôle de la performance, reflétant le caractère humain de la réforme et transformant la vision royale en réalité tangible pour le citoyen.
Conclusion : entre réalisations concrètes et défis persistants
Le parcours de réforme du système de santé et de protection sociale au Maroc montre des avancées significatives, marquant une étape importante dans l’histoire des politiques sociales. Cependant, le chemin reste long pour transformer ces chantiers en services quotidiens réellement ressentis par les citoyens.
Le succès réel ne se mesure pas seulement aux chiffres de couverture, mais à l’amélioration de la vie des gens, à la capacité des hôpitaux à répondre efficacement à leurs besoins, et à la transparence dans la gestion des ressources. Dans ce processus, l’évaluation méthodique, la reddition de comptes et l’engagement collectif demeurent des conditions indispensables pour passer de la conception à la mise en œuvre et au suivi durable de la réforme.



