La succession d’Aziz Akhannouch à la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI) n’est plus un terrain d’hypothèses ni de spéculations. L’annonce officielle du bureau politique, le mercredi 28 janvier 2026, confirmant la réception de la candidature de Mohamed Chouki en tant que candidat unique, marque la fin d’une séquence politique tendue et l’ouverture d’une nouvelle phase, celle de la gestion de l’après-Akhannouch.
Derrière la sobriété du communiqué officiel se cache une dynamique interne bien plus complexe. Car cette décision ne répond pas uniquement à la question du leadership futur du parti, elle acte surtout la fermeture maîtrisée d’un cycle de tensions latentes, alimentées ces dernières semaines par des ambitions concurrentes et des repositionnements discrets.
Dans ce contexte, les manœuvres attribuées à Mohamed Oujjar apparaissent aujourd’hui sous un jour nouveau. Présent dans les coulisses, actif dans les échanges internes, il aurait tenté — selon plusieurs sources concordantes — de remettre en question certaines candidatures potentielles à travers des arguments d’ordre juridique et organisationnel. Mais la clôture officielle des candidatures, sans son entrée en lice, consacre de facto son éviction du jeu successoral.

Le choix d’un candidat unique n’est pas anodin. Il traduit une volonté assumée du parti d’éviter toute compétition ouverte susceptible d’exposer ses fractures internes, à un moment où le RNI dirige l’exécutif dans un contexte économique et social sensible. L’option Chouki s’inscrit ainsi dans une logique de continuité maîtrisée, plus que de rupture ou de refondation.
Ce verrouillage rapide du processus suggère également l’existence de lignes de régulation extra-visibles, destinées à contenir les ambitions individuelles et à préserver l’équilibre général du parti. Les signaux envoyés en amont — dont certaines interventions qualifiées de fermes dans les cercles restreints — ont clairement redéfini le périmètre du possible.
Le congrès extraordinaire du 7 février 2026 à El Jadida ne sera donc pas un moment de confrontation politique, mais un temps de validation institutionnelle. La véritable interrogation se situe au-delà : Mohamed Chouki incarnera-t-il une simple transition apaisée ou sera-t-il le visage d’une recomposition plus profonde, encore différée ?
En définitive, le RNI semble avoir privilégié la stabilité immédiate au débat ouvert. Reste à savoir si ce choix permettra d’absorber durablement les tensions internes ou s’il ne fait que les reporter à une étape ultérieure, lorsque le silence stratégique laissera place aux recompositions réelles.



