Qui a le courage de diriger le “gouvernement du Mondial 2026” au Maroc ?
7 janvier 2026
À l’approche d’une échéance internationale majeure, où les enjeux électoraux internes croisent des responsabilités inédites pour l’État marocain, Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement Populaire, pose une question qui dépasse le simple calcul partisan :
diriger le gouvernement à l’horizon de la Coupe du monde 2026 relève-t-il d’une ambition politique, ou d’une responsabilité historique lourde de conséquences ?
À partir d’un extrait de moins de deux minutes, tiré d’un podcast de plus d’une heure, Ouzzine s’emploie à déconstruire l’idée d’un désir personnel de pouvoir. Il insiste sur le fait que la direction de ce qu’il appelle implicitement le “gouvernement du Mondial” ne constitue ni un privilège ni une conquête politique, mais un défi d’État, qu’il rattache symboliquement à un projet national global, plutôt qu’à une logique électorale classique.
Ambition ou fardeau politique ?
Le discours d’Ouzzine se distingue par un renversement du registre habituel : gouverner dans cette phase n’est pas présenté comme un objectif à atteindre, mais comme une charge à assumer. Il va jusqu’à qualifier d’“irresponsable” toute prétention au pouvoir qui ne mesurerait pas les conséquences politiques, sociales et morales d’un tel moment.
Cette rhétorique introduit une idée centrale : le gouvernement de 2026 ne sera pas jugé uniquement sur ses performances économiques ou institutionnelles, mais sur sa capacité à rendre des comptes — devant les citoyens, et, dans une dimension plus symbolique, devant l’Histoire.
La proximité avec le peuple : conviction ou repositionnement ?
Ouzzine met en avant l’ADN revendiqué du Mouvement Populaire : un parti “issu du peuple”, vivant au rythme des réalités sociales, loin des élites déconnectées. Cette insistance sur la proximité, sur l’écoute des catégories marginalisées, s’inscrit dans un contexte de méfiance croissante envers la classe politique et les promesses gouvernementales.
Cependant, cette posture soulève une interrogation légitime :
s’agit-il d’une conviction politique forgée dans l’opposition, ou d’un repositionnement stratégique visant à capitaliser sur les fragilités et les impasses de l’actuelle majorité gouvernementale ?
Ce qui est dit… et ce qui ne l’est pas
Le discours met en avant le courage, la responsabilité et le refus du silence face aux crises.
Mais il laisse en suspens des questions essentielles :
quel projet économique pour accompagner un événement mondial de cette ampleur ?
comment concilier exigences internationales et attentes sociales internes ?
et surtout, quels instruments concrets le Mouvement Populaire propose-t-il pour traduire ce discours de proximité en politiques publiques efficaces ?
Une lecture provisoire
À ce stade, l’intervention de Mohamed Ouzzine ressemble moins à une déclaration de candidature qu’à une tentative de redéfinition du sens même de l’exercice du pouvoir. Le propos s’inscrit davantage dans une réflexion sur la légitimité politique que dans une confrontation directe avec le gouvernement en place.
La crédibilité de ce discours dépendra, à terme, de sa cohérence avec les actes, de la clarté du projet alternatif proposé et de la capacité du parti à transformer une critique morale du pouvoir en solutions tangibles, à la hauteur des enjeux du Maroc à l’horizon 2026.



