La Cour de première instance de Targhist a rendu ce mercredi un verdict judiciaire à l’encontre du député et cadre du Parti de l’Istiqlal, Nour Eddine Mdian, le condamnant à six mois de prison ferme, assortis d’une amende de trois mille dirhams. Le jugement prévoit également le versement de dommages et intérêts à la demande civile : 150 000 dirhams pour Rafiaa El Mansouri et 30 000 dirhams pour Mariem El Wazzani, nièce de Mme El Mansouri et également partie à l’affaire.
Cette décision intervient dans le cadre d’une affaire ayant suscité un large émoi au sein du Parti de l’Istiqlal et sur la scène politique nationale, après que le tribunal a poursuivi Mdian pour des accusations incluant « injures et diffamation à l’égard d’une femme en raison de son sexe », « menace de commettre un acte de violence », ainsi que « diffusion de fausses accusations dans le but de diffamer ».
Les analystes soulignent que cette affaire dépasse le cadre d’un simple conflit interne au parti : elle constitue un test pour la maturité des institutions judiciaires marocaines face aux affaires de diffamation et de harcèlement dans le contexte politique et social, particulièrement lorsqu’il s’agit de personnalités publiques.
Le dossier avait été mis en délibéré la semaine dernière, dans un contexte d’attente intense, et il est prévu que Mdian fasse appel de la décision, ouvrant ainsi une nouvelle phase d’examen judiciaire et politique de l’affaire.
L’affaire avait éclaté en mars dernier, après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel le député s’exprimait sur Rafiaa El Mansouri d’une manière jugée humiliante pour elle et sa famille, déclenchant de vives réactions au sein du parti et un large débat médiatique.
Les tentatives de médiation interne, menées par des figures influentes du Parti de l’Istiqlal pour parvenir à un règlement amiable, se sont soldées par un échec, conduisant l’affaire devant la justice qui a rendu aujourd’hui son verdict.
Cette affaire illustre la sensibilité de la gestion des conflits internes au sein des partis marocains, soulignant l’importance de distinguer les différends politiques des atteintes personnelles, tout en respectant les procédures judiciaires pour garantir les droits de toutes les parties impliquées.



