Le tribunal de première instance de El Jadida a prononcé, mardi, une peine de dix mois de prison ferme à l’encontre du streamer connu Ilyas Maliki, assortie d’une amende de 20 000 dirhams, pour des faits de provocation, diffamation, injures et atteinte à l’honneur. Cette décision, rendue après délibération, reflète les tensions croissantes entre la liberté d’expression sur les plateformes numériques et la responsabilité légale envers les individus et les groupes sociaux.
Lors de sa dernière allocution devant la juridiction, Maliki a présenté ses excuses pour les contenus de ses vidéos, annonçant son retrait définitif de ces espaces à l’issue de la procédure. Ce geste met en lumière le rôle des personnalités influentes du numérique dans l’opinion publique et interroge sur les limites de la responsabilité légale pour des actes commis dans un espace virtuel à large audience.
Le représentant du ministère public a demandé le blocage de toutes les plateformes où Maliki est actif, estimant que ces espaces servent à la diffamation et à l’atteinte à la réputation. De son côté, la défense a invoqué la prescription des faits pour demander la relaxe, soulignant le conflit juridique entre autorité judiciaire et principe de prescription en tant que garantie des droits.
Cette affaire découle en partie de plaintes déposées par des syndicats et associations de conducteurs de taxis, qui ont jugé certaines déclarations de Maliki offensantes, mettant en lumière la sensibilité du numérique et son impact direct sur le tissu social et les professions traditionnelles. L’ajout de la découverte de résidus de cannabis lors de la perquisition ajoute une dimension supplémentaire, montrant l’entrelacement des problématiques pénales dans un même dossier.
Ce jugement ouvre un débat plus large sur les limites de la liberté d’expression en ligne, la responsabilité des influenceurs dans l’espace virtuel et l’efficacité des sanctions judiciaires pour réguler le comportement numérique tout en protégeant les droits individuels.



