samedi, janvier 24, 2026
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Entre calculs comptables et poids des attentes : Le Maroc face à la Zambie, match de classement ou épreuve de sens ?

Ce lundi soir, sous les projecteurs du Complexe Prince Moulay Abdellah à Rabat, la sélection nationale marocaine ne dispute pas une simple troisième rencontre de phase de groupes de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. En apparence, il s’agit d’un match pour la première place. En profondeur, c’est une confrontation avec une attente collective devenue lourde, presque exigeante, qui se joue.

Quatre points, issus d’une victoire contre les Comores et d’un nul face au Mali, suffisent mathématiquement à assurer une qualification quasi acquise. Mais le football africain, surtout dans le cadre d’un tournoi continental, ne se résume jamais aux chiffres. La dernière journée n’est pas un exercice de calcul, c’est un révélateur d’intentions et de confiance.

Une victoire face à la Zambie propulserait les Lions de l’Atlas à sept points, en tête du groupe A, ouvrant la voie à un huitième de finale théoriquement plus abordable, contre l’un des meilleurs troisièmes des groupes C, D ou E, le dimanche 4 janvier à Rabat. Un scénario confortable sur le papier. Mais derrière ce confort apparent se cache une question plus large : la première place est-elle ici un choix tactique ou une nécessité psychologique ?

Même un match nul pourrait suffire, à condition que la Zambie ne s’impose pas largement face aux Comores. Ce type de dépendance aux résultats des autres n’est jamais anodin. Il traduit souvent une gestion prudente du tournoi, parfois assumée, parfois subie.

En revanche, céder la première place change radicalement la lecture du parcours. La deuxième position du groupe A exposerait le Maroc à un duel contre le deuxième du groupe C, où figurent notamment le Nigeria et la Tunisie. Un huitième de finale programmé au Complexe Mohammed V de Casablanca, le samedi 3 janvier, dans un environnement où l’erreur se paie cash et où l’hésitation n’a pas droit de cité.

Quant à l’hypothèse – certes peu probable – d’une qualification à la troisième place, elle agit davantage comme un miroir que comme une menace. Affronter le leader du groupe C à Fès ou celui du groupe B à Agadir contraindrait la sélection marocaine à sortir de toute zone de confort, à se mesurer non seulement à un adversaire solide, mais à sa propre capacité d’affirmation.

C’est précisément là que les chiffres croisent le non-dit. Le débat autour de la sélection et de son entraîneur Walid Regragui ne se nourrit pas uniquement des résultats bruts, mais de l’écart entre l’image d’un demi-finaliste mondial et celle d’une équipe encore prudente, parfois trop gestionnaire, dans cette CAN.

Regragui n’est pas jugé aujourd’hui sur une élimination, ni même sur un échec consommé, mais sur une dynamique. Ce que propose le Maroc relève-t-il d’une construction progressive ou d’une simple administration du minimum requis ? Assiste-t-on à une montée en puissance silencieuse ou à une accumulation de qualifications sans véritable conviction ?

Face à la Zambie, l’enjeu dépasse donc le tableau des classements. Il touche à la narration qui accompagnera cette sélection dans la suite du tournoi. Une narration de maîtrise retrouvée, si le rythme et la personnalité s’imposent. Ou un récit de doutes persistants, si le jeu reste suspendu aux calculs.

Dans une Coupe d’Afrique, connaître le chemin ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la manière de l’emprunter. Et ce lundi soir, le Maroc est appelé à démontrer qu’il ne vise pas seulement le tour suivant, mais qu’il cherche à réconcilier le sens avec le résultat.

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