mardi, mars 3, 2026
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Zones industrielles anarchiques : des élus de premier plan écartés avant les élections de 2026 au Maroc

À quelques années des élections de 2026, le ministère de l’Intérieur se mobilise avec une rare détermination sur un dossier que l’État semble vouloir traiter en profondeur : les zones industrielles anarchiques qui ont émergé autour de Rabat, Kénitra, Mohammedia, Ben Slimane, Mediouna, Nouaceur, Berrechid et El Jadida.

Ce mouvement n’est pas purement technique… il est aussi politique. Et c’est là que surgissent les questions.

Mouvements exceptionnels : pourquoi maintenant et avec autant de fermeté ?

Les instructions adressées aux walis et aux gouverneurs sont claires :rédiger des procès-verbaux détaillés, contrôler les infractions, appliquer le code de l’urbanisme et le décret sur les constructions sans délai.

Cela montre que l’enjeu n’est pas seulement de “remettre de l’ordre dans l’urbanisme”, mais bien de redessiner les contours de l’influence locale avant les élections.

Selon nos sources, ces mesures incluent la suspension de certains élus en fonction et le renvoi de leurs dossiers devant le tribunal administratif, ce qui pourrait aboutir à leur destitution et à une exclusion des élections de 2026.

Sommes-nous face à une simple opération technique ou à une restructuration politique profonde ?

Le nouveau projet de loi organique… clé de la phase à venir

Ces actions coïncident avec le dépôt par le ministre de l’Intérieur du projet de loi organique n°53.25 modifiant la loi 27.11, qui renforce les conditions de candidature, interdit aux personnes condamnées en première instance pour des crimes de se présenter à des élections, et suspend les dossiers des candidats poursuivis jusqu’à l’issue des jugements définitifs.

Le projet prévoit également l’extension de l’interdiction pour les élus destitués en raison de violations graves pendant deux mandats électoraux complets.Ainsi, tout élu impliqué dans des infractions urbanistiques serait hors jeu pour plusieurs années.

Listes noires… et réingénierie politique ?

Le ministère de l’Intérieur a demandé l’élaboration de listes comprenant tous les élus impliqués dans l’implantation de zones industrielles anarchiques. Il ne s’agit pas de violations isolées, mais d’une carte complète de relations et d’intérêts, où des entrepôts et des “hangars” illégaux se sont transformés en usines clandestines, principalement de sacs en plastique.

La question : ces listes noires sont-elles un simple outil disciplinaire ou le prélude à un réagencement du paysage politique local et régional ?

Percées et dossiers brûlants

Les rapports régionaux transmis à l’administration centrale révèlent la fermeture de fabriques clandestines et la saisie de tonnes de rouleaux plastiques, certaines opérant “sous protection” dans les marchés hebdomadaires hors du contrôle des commissions de surveillance.

Les inspections générales ont également mis en évidence des manipulations graves des permis de construire et certificats de conformité, ce qui a poussé les autorités locales à adresser des instructions strictes aux agents de l’État pour éviter toute complicité.

Des relevés aériens ont même montré que certaines zones de constructions anarchiques se sont transformées en complexes industriels clandestins, consommant eau et électricité et polluant les nappes phréatiques.

Cas de Casablanca : un centre stratégique

À Nouaceur, Mediouna et Berrechid, l’anarchie industrielle se conjugue avec l’influence des élus locaux.
Un président de commune déjà destitué a réussi à faire élire son fils pour maintenir le contrôle sur des zones industrielles illégales sur des terrains publics, en totale violation des règles.

Quelles conséquences pour 2026 ?

Ce qui se passe ne ressemble pas à une opération ponctuelle. Cela suggère que l’État redéfinit les conditions de participation politique, avec le respect du code de l’urbanisme comme condition essentielle pour entrer dans le jeu électoral.

La question fondamentale :ces réseaux d’influence locaux basés sur “l’économie anarchique” vont-ils disparaître, ou trouveront-ils de nouvelles stratégies pour s’adapter ?
Et cette secousse administrative donnera-t-elle naissance à une nouvelle élite politique ou simplement à un réarrangement temporaire des forces ?

Quoi qu’il en soit, les événements actuels placent le pays devant un moment décisif entre assainissement de l’espace territorial et rééquilibrage des rapports de force avant les élections.

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