Alors que le monde reste captivé par les conflits à Gaza et en Ukraine, les discours politiques continuent de parler de « paix » comme si la simple annonce d’un cessez-le-feu pouvait rétablir l’ordre. La réalité montre pourtant que ces déclarations cachent souvent plus qu’elles ne révèlent : elles offrent un répit temporaire mais n’approchent jamais les causes profondes des conflits qui ont coûté la vie à des millions de personnes et menacé la stabilité mondiale.
Comme l’a souligné Talal Abou Ghazaleh, un cessez-le-feu temporaire n’est souvent qu’un voile, un moyen de gérer le conflit plutôt que de le résoudre. Cet aspect est confirmé par l’article de Jeffrey Sachs et Sybil Varis publié dans Al Jazeera (23 octobre 2025), qui montre que les initiatives américaines à Gaza et en Ukraine se concentrent sur l’arrêt des hostilités au lieu de traiter les griefs fondamentaux. Le plan de paix de Trump pour Gaza, par exemple, peut sembler utile en surface, mais il maintient le statu quo : l’occupation se poursuit, la création d’un État palestinien est reportée, et la souffrance des civils continue sans solution réelle.
Du point de vue marocain, cette situation met en lumière une crise dans l’approche de la paix internationale : tout accord qui ne garantit pas les droits des Palestiniens et les intérêts des populations locales ne peut être qualifié de paix, mais reste une gestion temporaire du conflit. Le Maroc considère que les voix régionales et les dirigeants locaux connaissent mieux la réalité du terrain, et que les ignorer rend toute trêve fragile et potentiellement vouée à l’échec.
Il est également frappant de constater que la politique américaine n’opère pas en dehors d’intérêts puissants qui profitent du maintien du conflit. L’industrie de l’armement et les lobbies politiques constituent un réseau complexe qui soutient la continuité des guerres plutôt que leur résolution. Cela pose une question centrale : les accords de paix sont-ils conçus pour servir les populations ou pour protéger des intérêts économiques et politiques restreints ? Du point de vue marocain, ces interrogations dépassent les intérêts des grandes puissances et touchent les enjeux stratégiques de toute la région.
En Ukraine, le même schéma se répète : des promesses de fin de guerre, mais l’absence de solutions politiques profondes montre que les États-Unis et leurs alliés ignorent les réalités du terrain. Les racines du conflit, liées à l’expansion de l’OTAN, n’ont pas été traitées, ce qui rend tout accord fragile et exposé à l’échec. Pour Maroc Maintenant, l’équilibre entre sécurité européenne et intérêts régionaux nécessite l’implication de tous les acteurs véritablement concernés, et non seulement des grandes puissances, afin d’assurer des solutions durables.
La vérité dérangeante est que le leadership dans de tels dossiers ne se mesure pas aux déclarations séduisantes, mais à la capacité de confronter les intérêts puissants, d’adopter des solutions politiques efficaces et de reconnaître les griefs historiques et géopolitiques. Ce n’est que lorsque la gestion du conflit devient un véritable dialogue, où les voix régionales sont écoutées, l’influence des lobbies limitée et le droit international respecté, qu’on peut envisager une paix durable et non un simple cessez-le-feu temporaire.
Questions de réflexion du point de vue de « Maroc Maintenant » :
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Un cessez-le-feu peut-il remplacer la paix ou n’est-il qu’une pause avant la reprise du conflit ?
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Dans quelle mesure des intérêts économiques et politiques restreints dominent-ils les soi-disant plans de paix ?
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Comment les États-Unis et leurs alliés peuvent-ils concilier leurs intérêts avec la justice et la paix véritables ?
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Quel rôle le Maroc et les pays régionaux peuvent-ils jouer pour transformer un cessez-le-feu temporaire en une solution politique durable ?



