Au cœur du secteur minier marocain, une dynamique renouvelée se dessine, reflétant une stratégie intégrée visant à valoriser les ressources nationales, renforcer la justice spatiale et créer des opportunités d’emploi de qualité. La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, dans sa réponse aux questions des parlementaires, n’a pas seulement présenté chiffres et données, mais a tracé une carte des transformations majeures dans un secteur contribuant à 10 % du produit intérieur brut, 20 % des exportations nationales et offrant plus de 40 000 emplois directs. Ces statistiques ne sont pas de simples chiffres : elles traduisent un potentiel immense nécessitant un investissement plus intelligent et une planification stratégique.
De la sécurité aux droits des travailleurs : le cœur de la réforme sociale
Ce qui distingue ce nouveau plan, c’est la mise au centre de la vie et des droits des travailleurs miniers. Le premier dossier examiné par la ministre après sa nomination concernait un tragique accident ayant coûté la vie à cinq ouvriers, plaçant ainsi la sécurité professionnelle en priorité absolue. La révision de la loi 33.13 par le projet de loi 72.24 illustre cette orientation, via la mise en place de la carte du travailleur minier et la garantie de ses droits sociaux, marquant un tournant institutionnel et culturel dans la gestion des ressources humaines du secteur.
Industrie de transformation et gouvernance : réingénierie du secteur minier
Sur le plan économique, le plan met l’accent sur la valorisation de l’industrie de transformation et la diversification des sources de financement, tout en améliorant la gouvernance grâce à la transformation de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) en société anonyme. Une démarche technique mais stratégique, ouvrant de nouvelles perspectives pour la recherche et l’exploration, permettant des partenariats élargis et transformant le secteur de l’extraction vers une industrie à forte valeur ajoutée.
Activité minière traditionnelle : entre dimension sociale et développement local
L’attention portée à l’activité minière traditionnelle dans les régions de Tafilalet et Figuig, notamment à travers la gestion de l’institution « Kaditaf », révèle une dimension sociale et culturelle de la politique gouvernementale. La restructuration de l’institution, l’amélioration du cadre juridique et la création d’un comité de pilotage stratégique ne traduisent pas seulement le souci de développement économique, mais aussi la volonté de préserver la cohésion sociale dans des zones historiquement dépendantes de l’exploitation minière.
Numérique et transparence : de nouveaux outils pour réorganiser le secteur
Le lancement du registre minier national numérique, prévu pour 2026, constitue un tournant dans la gestion du secteur. Plus de quarante procédures administratives seront simplifiées et activées, renforçant la transparence, facilitant l’accès à l’information et traduisant l’esprit de justice spatiale mis en avant par les directives royales.
Du local à l’échelle africaine : une stratégie intégrée
La récente « Déclaration de Marrakech » n’est pas un simple événement symbolique : elle illustre la capacité du Maroc à valoriser les minéraux stratégiques à l’échelle africaine et à relier cet investissement à la transformation industrielle et logistique nationale, du port de Nador aux projets d’oléoducs et de routes. Cette vision traduit une maturité stratégique reliant développement économique, justice sociale et infrastructures avancées.
Vers une souveraineté économique globale
Le message central des déclarations de la ministre Benali dépasse la dimension sectorielle, tissant des liens multiples pour la souveraineté économique nationale. De la valorisation de l’industrie de transformation à l’amélioration des conditions de travail, en passant par le développement des infrastructures et l’intégration du numérique, ce plan vise à redéfinir le rôle du secteur minier comme moteur principal du développement durable du pays.
Ces réformes offrent un nouveau modèle de gestion des ressources nationales, équilibrant développement économique et justice sociale, renforçant les capacités du Maroc à exploiter ses ressources naturelles, à créer des emplois et à assurer la participation active des acteurs locaux et régionaux dans les bénéfices de ce secteur stratégique.



