samedi, janvier 3, 2026
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*Le Parti du Mouvement Populaire redéfinit la cartographie politique depuis Al Hoceima : Un communiqué plaçant la performance gouvernementale sous la loupe de l’analyse**

Depuis Al Hoceima, où se tient le conseil national du Parti du Mouvement Populaire, le secrétaire général Mohamed Ouzzine a diffusé l’un des communiqués les plus incisifs de sa trajectoire politique. Il ne s’agit pas seulement d’une réaction partisane dans un contexte politique troublé, mais d’une lecture critique approfondie de l’action du gouvernement actuel, et d’un effort pour réorienter le débat public en posant des questions essentielles sur l’État et la société.

Le communiqué, tel que reçu par Maroc Now, peut être considéré comme un point de bascule stratégique pour le positionnement du Mouvement Populaire sur l’échiquier politique : il ne se limite pas à énumérer des « échecs gouvernementaux », mais interroge la logique de la gouvernance et ses conséquences sur les institutions et la confiance des citoyens.

Logique étatique ou logique de majorité ?

Ouzzine commence par déconstruire la narrative du « succès éclatant » que les partis de la majorité cherchent à imposer. À travers une longue série d’exemples, il dresse ce qui pourrait être appelé une cartographie d’un paysage politique et social en désordre :

  • Politiques fiscales favorisant les privilégiés et les entreprises chanceuses.

  • Législations accommodant les conflits d’intérêts au lieu de les combattre.

  • Expansion sans précédent de ce qu’il appelle « l’économie de favoritisme » dans l’agriculture, la pêche, le transport, la santé, le logement et les médias.

  • Enrichissement de la trésorerie publique au prix de l’appauvrissement des citoyens, sans impact social réel.

  • Affaiblissement des institutions élues et dilution de la majorité parlementaire au sein de la coalition gouvernementale.

  • Transformation des sessions des collectivités territoriales en arènes de conflits plutôt qu’en lieux de gestion publique.

  • Blocage du chantier de la régionalisation avancée et orientation des investissements vers des zones privilégiées au détriment des villages, montagnes et oasis.

Cette lecture va au-delà d’un simple constat : elle révèle une structure de pouvoir qui centralise et contrôle, au détriment de la représentativité démocratique. Cela pose une question cruciale :

La démocratie représentative est-elle en train de se réduire à une façade dans le contexte actuel ?

Éducation, santé et la question de l’État social

Sur les secteurs sociaux clés, le communiqué met en lumière des insuffisances préoccupantes :

  • Classement du Maroc à la 154ème place mondiale en matière de qualité de l’enseignement.

  • Inégalités scolaires selon les zones géographiques.

  • Des hôpitaux construits à grands frais transformés en « points de transit » ou, selon le texte, en « cimetières ».

  • Programmes sociaux vidés de leur efficacité et financement non pérenne.

  • Prolongation des crises de retraite et recours à des solutions comptables plutôt qu’à des réformes structurelles.

La question analytique qui se dégage :
S’agit-il d’un manque de vision du gouvernement ou d’une mauvaise exécution des politiques publiques ?

L’intervention royale comme correctif stratégique

Le communiqué met en avant le rôle de l’institution royale pour réaligner les réformes stratégiques :

  • Discours du Trône et ouverture du Parlement.

  • Résultats du Conseil ministériel.

  • Programmes ciblés pour les montagnes, villages et oasis.

  • Réponse aux attentes de la jeunesse du « Génération Z ».

Ouzzine soulève ainsi une interrogation implicite :

Le gouvernement a-t-il perdu son initiative, au point que les grandes réformes nécessitent l’intervention directe de l’État central ?

Élections : retour sur l’article 11

Le communiqué exprime le soutien du Mouvement Populaire au retrait du dossier de supervision des élections de la sphère politique gouvernementale, conformément à l’article 11 de la Constitution attribuant cette compétence au Ministère de l’Intérieur.

Ce positionnement dépasse l’aspect procédural : il constitue un signal politique sur le déficit de confiance entre partis et le risque de politisation du processus électoral.

La métaphore du troupeau : un constat édifiant

Un passage marquant :

« Une tête de mouton équivaut désormais au bénéfice d’un citoyen en soutien direct. »

Cette image forte illustre le dysfonctionnement profond du système de soutien :
Comment l’État peut-il garantir l’équité sociale si l’animal bénéficie plus que l’humain ?

Le Rif : mémoire et réconciliation

Le fait que le communiqué émane d’Al Hoceima n’est pas anodin. Ouzzine relie la mémoire de la résistance rifaine, les processus de réconciliation historique et les attentes de la population en matière de développement. Il invoque également l’amnistie royale comme horizon possible pour apaiser les tensions, notamment concernant les détenus du Rif et de la génération Z.

Cette démarche symbolique positionne le Mouvement Populaire comme pont entre l’État et la société, et non comme simple acteur électoral.

Conclusion : le défi de la succession historique

Ouzzine pose la question clé :

Le trio gouvernemental actuel mérite-t-il encore la confiance pour diriger la prochaine étape, après des expériences marquées par la confusion, le monopole et l’échec de l’inclusion territoriale et sociale ?

Il lie cette interrogation à un enjeu interne : Le Mouvement Populaire peut-il redevenir un acteur politique crédible, fidèle à son esprit fondateur et capable de jouer un rôle central lors des échéances à venir ?

Synthèse analytique

Ce communiqué dépasse la simple critique gouvernementale : il constitue une analyse politique approfondie de la structure du pouvoir et de ses implications sur la confiance citoyenne.

Le message est double :

  1. À l’État : le mode de gouvernance actuel menace la cohésion sociale et la crédibilité des institutions.

  2. Aux partis : l’étape suivante exige des alternatives politiques basées sur la vision et non sur les compromis partisans.

Depuis Al Hoceima, symbole de résistance et de mémoire historique, Ouzzine affirme que le Mouvement Populaire se voit comme partie intégrante de cette alternative, et non comme un simple spectateur de la scène politique.

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