Les déclarations de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs algérien, ne se limitent pas à de simples observations politiques : elles mettent en lumière une crise structurelle dans la gestion des informations au sein des institutions étatiques algériennes. Lors d’une conférence de presse vendredi dernier, Hanoune a souligné un point crucial : les données erronées transmises au président Abdelmadjid Tebboune par différents secteurs, ce qui aurait provoqué le mécontentement du chef de l’État lors de leur rencontre trois jours plus tôt.
Hanoune n’a pas seulement critiqué l’inexactitude des chiffres, elle a pointé du doigt les mécanismes de collecte et de transmission de ces informations, révélant la fragilité des sources et le recours à des données peu fiables. Cette situation affecte directement la qualité des décisions prises au plus haut niveau de l’État, mettant en évidence une crise institutionnelle qui dépasse le simple problème statistique. L’enjeu majeur réside dans l’indépendance des sources par rapport aux pressions exercées par les appareils de pouvoir, qu’ils soient politiques ou sécuritaires.
Les conséquences de cette désinformation ne se limitent pas aux dossiers en cours : elles compromettent également les stratégies de développement à long terme et les politiques qui impactent les générations futures, soulignant la nécessité d’une réforme urgente des circuits de communication entre les rouages du pouvoir algérien.
Le poids des propos de Hanoune est renforcé par son parcours politique et sa confrontation directe avec l’État algérien. Elle a passé neuf mois en prison, accusée de « complot contre l’autorité de l’État et de l’armée », avant d’être acquittée par la cour d’appel et de purger une peine réduite. Cette expérience lui confère une perspective unique : elle parle depuis la connaissance directe des rouages de l’État et des limites de son appareil judiciaire et sécuritaire.
Ainsi, les observations de Hanoune ne constituent pas seulement une critique des méthodes de gestion de l’information ; elles représentent un appel urgent à réorganiser les circuits de collecte des données, à garantir leur exactitude et leur indépendance, afin d’éviter que des erreurs se transforment en crises politiques, économiques et sociales.
En conclusion, ses déclarations montrent que la crise de l’information en Algérie est le miroir de la fragilité institutionnelle de l’État, posant de sérieuses questions sur sa capacité à prendre des décisions éclairées dans un contexte où les données fiables se font rares.



