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Entre promesses et réalité : 25 à 50 dirhams pour les enfants… des miettes avant la fin du mandat gouvernemental

25 dirhams par mois : suffisent-ils à nourrir une famille marocaine ?

L’augmentation actuelle de l’aide sociale, qui varie entre 25 et 50 dirhams selon les catégories, peut sembler à première vue une étape vers un État social, mais elle demeure en réalité extrêmement faible face au coût de la vie quotidienne. 25 dirhams seulement — soit environ 2 dollars américains — suffisent à peine à acheter un repas simple, quelques produits alimentaires de base pour une journée, ou quelques trajets en bus dans les grandes villes. Même 50 dirhams, la hausse maximale, ne couvrent guère que deux jours de dépenses, révélant ainsi l’écart entre les promesses de l’aide sociale et la vie quotidienne des Marocains.

Contexte historique : les programmes d’aide sociale au Maroc

L’aide sociale au Maroc a toujours été un outil pour atténuer les effets de la pauvreté et de la précarité. Les programmes ont commencé par un soutien partiel aux produits de première nécessité, puis ont inclus des initiatives pour les populations vulnérables, jusqu’au projet de généralisation de la protection sociale.

Au cours des deux dernières décennies, le Maroc est passé de programmes limités et saisonniers à des programmes plus complets, basés sur un ciblage précis via le Registre social unifié, avec un accent sur les enfants, les orphelins et les personnes âgées.

La loi n° 58.23 et son décret d’application constituent la colonne vertébrale du système d’aide directe, définissant les bases d’une augmentation progressive des allocations et garantissant une durabilité financière pour les années 2025 et 2026, selon les déclarations du Premier ministre devant le Parlement.

Cependant, malgré sa logique institutionnelle, ce parcours n’a pas encore comblé l’écart entre les programmes symboliques et la réalité quotidienne de la pauvreté, laissant des milliers de familles en dehors d’une couverture suffisante pour faire face aux besoins essentiels.

Analyse critique de l’augmentation actuelle

L’augmentation actuelle, bien qu’elle soit présentée comme un pas vers un « État social », révèle sa fragilité face à la réalité économique. Une augmentation de 25 dirhams ne couvre presque pas les besoins d’une journée, tandis que 50 dirhams suffisent à peine pour deux jours.

Face à la hausse continue des prix des produits de base, du transport, de la santé, de l’éducation et du logement, la nature symbolique de ces allocations devient évidente, sans impact réel sur le niveau de pauvreté ou la précarité des familles.

Le minimum garanti de 500 dirhams par famille, malgré sa valeur symbolique pour montrer la volonté de l’État de ne laisser aucune famille en dehors du filet de sécurité, reste un montant insuffisant pour changer la situation économique des foyers, surtout à l’approche de la fin du mandat gouvernemental, où il est probable que ces augmentations soient entièrement distribuées dans les mois restants, devenant pratiquement des « miettes » qui n’allègent pas la souffrance quotidienne.

Le système de soutien soulève des questions fondamentales :

  • Les ressources vont-elles réellement à ceux qui en ont besoin, ou la bureaucratie et le favoritisme limitent-ils l’efficacité du ciblage ?

  • Le focus sur les enfants seuls couvre-t-il d’autres aspects de la vulnérabilité sociale comme l’emploi, la santé ou le logement ?

  • Cette mesure répond-elle aux besoins économiques réels des familles, ou n’est-ce qu’une manœuvre politique pour améliorer l’image avant la fin du mandat ?

Propositions politiques et économiques concrètes

Pour dépasser cette impasse, une approche plus large et plus profonde est nécessaire :

  1. Élargir le ciblage : inclure les familles nombreuses, les personnes âgées et les chômeurs pour garantir un impact réel sur le niveau de pauvreté.

  2. Relier l’aide aux programmes économiques : offrir des opportunités d’emploi, soutenir la formation professionnelle et faciliter l’accès aux services de santé et d’éducation, au lieu de se limiter à l’aide financière symbolique.

  3. Évaluation continue : adopter des indicateurs précis pour suivre l’impact de l’aide sur le quotidien des familles, en garantissant transparence et responsabilité.

  4. Durabilité financière à long terme : une planification pluriannuelle pour que ces augmentations ne soient pas de simples palliatifs temporaires, mais fassent partie d’un système social complet et stable.

Conclusion

L’augmentation actuelle de l’aide sociale révèle l’écart entre les annonces gouvernementales et la réalité quotidienne des Marocains. Elle constitue une étape symbolique vers l’État social, mais n’apporte pas de solution tangible aux souffrances des familles. Le journalisme et l’analyse sociale appellent à une vision qui dépasse le symbolique et place le soutien à une vie digne et durable au cœur de la politique sociale, loin des calculs politiques ou cosmétiques, afin que l’État social devienne une réalité concrète pour chaque citoyen marocain, et non une simple promesse sur le papier.

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