À travers le Festival National du Film de Tanger, le Centre Cinématographique Marocain consacre une nouvelle vision de la communication culturelle et médiatique.
Dans une initiative inédite, le Magazine Diplomatie Marocaine a marqué sa présence distinguée lors de la 25ᵉ édition du Festival National du Film de Tanger, tenue du 17 au 25 octobre 2025, en réalisant pour la première fois au Maroc des entretiens exclusifs et une couverture en langue anglaise, destinés au public anglophone et francophone international.
Cette démarche audacieuse a été rendue possible grâce au Centre Cinématographique Marocain (CCM) et à la vision de son directeur, M. Rida Benjelloun, journaliste reconnu, véritable homme qu’il faut à la place qu’il faut, qui a su instaurer une dynamique d’ouverture et de confiance envers un média marocain plurilingue et engagé.
La cinquième journée du festival fut bien plus qu’une simple série de projections : un moment de réflexion collective sur la nature de l’image, de l’art et de l’humain. Réalisateurs, critiques et cinéphiles ont débattu des nouvelles voies esthétiques de la création marocaine contemporaine.
Hakim Belabbes et la “Beauté du laid”
Le cinéaste Hakim Belabbes a animé une master class mémorable autour de la notion de “Marché de l’amour et esthétique du laid”.
Son œuvre, qualifiée de cinéma intime, explore la fragilité humaine à travers des images d’une proximité bouleversante.
Pour Belabbes, filmer, c’est “écrire avec le sentiment, non avec la raison”. Ses films n’ont pas de fin prédéfinie : ils se terminent lorsque “le film le décide lui-même”. Une cinématographie de la pudeur et de la sincérité, où la caméra devient à la fois regard et confession.
“Amour à Dakhla” – Quand le lieu devient protagoniste
Dans “Amour à Dakhla” (2025, 100 min), le réalisateur Khalid Brahimi offre une ode à la ville de Dakhla, où le désert rencontre la mer.
Deux femmes quittent Casablanca pour se redécouvrir au cœur du Sud marocain, dans un récit où le lieu respire la liberté et l’amour.
Chaque plan révèle une complicité entre la nature et l’émotion humaine. “Je craignais que l’histoire d’amour efface celle du lieu,” confie le réalisateur. Le résultat ? Une fusion parfaite entre cinéma, poésie et géographie.
“Radhia” – Une renaissance féminine
Le film “Radhia” de Khawla Asbab Ben Omar propose une réflexion subtile sur le deuil, le désir et la reconstruction de soi.La réalisatrice y déploie une esthétique rigoureuse où le noir devient langage intérieur, symbole de résilience et de liberté.
Par cette œuvre audacieuse, elle s’impose comme l’une des voix féminines les plus prometteuses du cinéma marocain, conjuguant finesse psychologique et audace formelle.
“Une Nouvelle Naissance” – L’appel à la liberté
Le court-métrage “Une Nouvelle Naissance” de Ayoub Aït Bihi plonge dans la mémoire du Maroc post-années de plomb.
À travers deux destins croisés, le film interroge les limites de l’identité et le prix de la liberté.
Selon le producteur Houcine Hnin, “ce film ne donne pas de réponses : il ouvre des plaies et invite à la réflexion.”
Une œuvre poétique et puissante sur le courage de renaître face aux contraintes sociales et morales.
Conclusion : une nouvelle grammaire du cinéma marocain
De la “Beauté du laid” de Belabbes à l’amour poétique de Dakhla, en passant par la profondeur féminine de Radhia et la liberté de Nouvelle Naissance, le cinéma marocain affirme sa maturité et son audace.
Pour le Magazine Diplomatie Marocaine, cette couverture représente un acte de diplomatie culturelle, une passerelle entre le Maroc et le monde, où l’art devient langage universel.