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Scandale de l’« Hôtel Banassa » : Des élus de premier plan devant la justice et un projet social transformé en hôtel de luxe

Le mardi 23 septembre 2025, la Cour d’appel de Rabat a vu comparaître huit personnes, dont plusieurs figures politiques locales de Sidi Kacem, devant le procureur général du Roi dans l’affaire dite de l’Hôtel Banassa. Parmi elles figurent l’actuel président du Conseil provincial et son frère, le président du Conseil communal de Sidi Kacem, un ancien président de la région Gharb-Chrarda-Beni Hssen, ainsi qu’un ingénieur et plusieurs fonctionnaires.

D’un projet social à un hôtel contesté

À l’origine, le projet devait être un complexe social soutenu en partie par l’Initiative Nationale pour le Développement Humain. Mais il a fini par se transformer en un hôtel classé, doté de plusieurs chambres et installations touristiques. Cette métamorphose a immédiatement suscité des interrogations quant au respect des procédures légales et à la conformité du projet avec ses objectifs initiaux.

Selon des documents et enquêtes médiatiques, le contrat de location de l’hôtel aurait été signé avant même l’obtention des autorisations définitives, pour un loyer mensuel estimé à 16 000 dirhams seulement, un montant jugé dérisoire par rapport à la valeur réelle de l’établissement.

Le cheminement judiciaire

L’affaire a éclaté suite à une plainte déposée par un ancien parlementaire auprès du parquet, rapidement suivie d’une autre plainte du Conseil supérieur des comptes, jointe au dossier initial. La Brigade nationale de la police judiciaire a entendu plus de 60 personnes, parmi lesquelles des élus, responsables et fonctionnaires. Ces auditions ont conduit à l’identification de huit mis en cause désormais présentés à la justice.

La semaine dernière déjà, les suspects avaient été informés d’une interdiction de quitter le territoire national, en attendant la décision du parquet qui pourrait transférer l’affaire à la Chambre des crimes financiers, vu la nature des accusations.

Des enjeux politiques et institutionnels

Au-delà de l’aspect strictement judiciaire, ce dossier soulève des interrogations plus larges. Pour de nombreux observateurs, il illustre la fragilité des mécanismes de contrôle entourant certains projets à vocation sociale, et le risque de dérives vers des intérêts particuliers. L’implication présumée d’élus de haut niveau relance également le débat sur les conflits d’intérêts et l’usage de l’influence politique pour orienter des investissements publics à des fins privées.

Par ailleurs, les difficultés rencontrées par la police judiciaire pour obtenir certains documents administratifs laissent planer des doutes sur de possibles résistances institutionnelles destinées à freiner la pleine révélation des faits.

Questions ouvertes

  • Qui porte la responsabilité du détournement d’un projet social vers un usage commercial ?

  • L’évaluation de l’établissement avant sa location a-t-elle été faite de manière transparente et équitable ?

  • Quel est le préjudice réel, financier et social, causé à la ville et à ses habitants ?

  • Le traitement judiciaire de ce dossier constituera-t-il un signal fort dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des deniers publics ?

L’affaire reste en cours d’instruction, et la décision du parquet dans les prochains jours sera scrutée de près par l’opinion publique, comme un nouveau test de la volonté des institutions marocaines de faire face aux soupçons de corruption et de dilapidation des fonds publics.

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