Dans un geste qui a suscité un large débat sur les réseaux sociaux, le prince Moulay Hicham Alaoui, cousin du roi Mohammed VI, a annoncé lundi 22 septembre 2025 son intention de poursuivre le YouTuber Mohamed Reda Taouajni.
— Hicham Alaoui (@HichamAlaouiSW) September 22, 2025
Cette décision fait suite à une vidéo publiée par le vidéaste le 11 septembre 2025, dans laquelle il s’en prenait directement à la personne du prince.
Dans un communiqué officiel, le prince Hicham a précisé que la vidéo contenait des accusations et propos portant atteinte à son honneur et à sa réputation, et qu’il avait décidé de recourir à la justice pour obtenir réparation conformément à la loi. Il a également remercié Maître Abdel Rahim Jamaï, qui a déposé la plainte en son nom, tout en soulignant son attachement profond à la liberté d’expression, à condition qu’elle ne se transforme pas en diffamation ou en atteinte à la dignité personnelle.
Le communiqué du prince comprend également un hommage aux journalistes respectueux de l’éthique professionnelle, marquant ainsi une distinction claire entre critique professionnelle responsable et diffamation publique via les réseaux numériques.
Questions cruciales sur le secteur numérique et les responsabilités des YouTubers :
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Le YouTuber peut-il publier du contenu personnel ou des accusations directes contre des personnalités publiques sans passer par les voies légales ou les organismes de régulation ?
Avec l’essor des plateformes vidéo, cette question souligne les limites de la liberté d’expression numérique et les obligations légales de responsabilité. -
Quel rôle jouent les organismes de régulation dans le contrôle du contenu diffusé sur les réseaux au Maroc ?
Existe-t-il des règles claires pour prévenir la diffamation ou protéger les individus contre l’exploitation de ces plateformes, ou le secteur numérique nécessite-t-il encore des lois plus strictes et un encadrement efficace ? -
Comment équilibrer le droit du public à l’information et la liberté d’expression avec la protection des individus contre la diffamation ?
La position du prince Moulay Hicham met en lumière le défi constant de concilier liberté de la presse numérique et droits fondamentaux des personnes, surtout face à des contenus susceptibles de se propager très rapidement.
Analyse :
Cette affaire démontre que les YouTubers, quelle que soit leur popularité, ne peuvent se substituer ni à l’autorité judiciaire ni à l’éthique médiatique. Elle soulève un débat croissant sur la responsabilité des influenceurs numériques dans le traitement des personnalités publiques et la nécessité de préserver un équilibre entre liberté d’expression et respect des droits individuels.
Elle souligne également l’importance d’une régulation officielle du secteur numérique, avec des normes claires de publication et des mécanismes de sanction en cas de dépassement, garantissant le respect de la loi et de l’éthique par tous.
Par ailleurs, le recours à la justice reflète la confiance du prince dans les institutions légales comme garant d’un recours équitable, et rappelle que la liberté d’expression n’est jamais absolue : elle est conditionnée par le devoir de respect de l’honneur et de la réputation, même dans l’espace numérique.



