Lors d’une rencontre interne avec les membres de son parti, le député Abdellah Hayker a lancé une série de déclarations percutantes, critiquant ouvertement la performance du gouvernement d’Aziz Akhannouch. Selon lui, l’exécutif n’a pas seulement échoué dans la mise en œuvre de son programme, mais a également aggravé les crises existantes sur les plans économique, financier et social.
Hayker a insisté sur le fait que les défis auxquels le Maroc est confronté exigent une lecture attentive de la situation et des réformes immédiates pour restaurer la confiance et l’efficacité des institutions.
Le gouvernement… une autorité absente ?
Hayker a rappelé que la Constitution de 2011 a conféré au poste de Premier ministre des prérogatives élargies. Or, selon lui, le choix de ne pas superviser politiquement les élections et de laisser cette responsabilité exclusivement au ministère de l’Intérieur constitue un recul démocratique.
La question se pose : le Premier ministre s’est-il transformé en simple coordinateur sans réel pouvoir décisionnel ? Et si tel est le cas, comment garantir l’équité et la transparence dans le processus électoral ?
Les élections de 2021 : un précédent inquiétant
Le député est revenu sur les élections de 2021, qu’il considère comme une véritable régression démocratique. Selon lui, le scrutin a produit une carte politique déformée par l’argent et des listes électorales défaillantes.
Le défi majeur reste donc : existe-t-il aujourd’hui une volonté politique réelle de réformer les listes électorales et d’assainir le processus, ou le scénario de 2021 est-il susceptible de se répéter en 2026, compromettant la crédibilité des institutions ?
Crise de confiance et libertés fondamentales
Hayker a clairement lié le faible taux de participation à un climat de restrictions sur les libertés publiques. Comment inciter les citoyens à voter alors que les journalistes sont parfois poursuivis et que certaines lois restreignent la liberté d’expression et d’information ?
Sans véritable ouverture politique et respect des droits, il sera impossible de mobiliser une participation massive et de restaurer la confiance dans le processus électoral.
Les jeunes et les partis : un potentiel inexploité
Le député a dénoncé l’exclusion persistante des jeunes au sein des partis. Trop souvent, ils ne sont utilisés que comme soutien temporaire pour la logistique des bureaux de vote, au lieu d’intégrer les organes décisionnels et de participer activement à la gouvernance politique.
La question demeure : les partis ont-ils le courage d’ouvrir leurs structures aux jeunes talents et de renouveler leurs élites, ou le statu quo continuera-t-il à laisser le champ libre aux tensions de la rue et au vide politique ?
Les « entités électorales » : un fléau à éradiquer
Hayker a insisté sur la nécessité d’exclure les acteurs corrompus qui vendent et achètent des votes, et de sanctionner ces pratiques. La confiance des citoyens ne pourra être restaurée si les mêmes comportements persistent lors des prochaines élections.
La question n’est pas seulement de savoir si l’État peut contrôler le processus, mais aussi si chaque électeur est conscient de sa responsabilité dans la préservation de l’intégrité démocratique.
Entre opposition et responsabilité de l’État
Les déclarations de Hayker révèlent un carrefour décisif : les élections de 2026 peuvent être soit l’occasion de tourner la page des abus électoraux et de restaurer la confiance des citoyens, soit une répétition des erreurs passées, avec les risques que cela implique pour la stabilité sociale et politique.
Reste à voir si l’État et les partis tireront les leçons de 2021 et mettront en œuvre des réformes structurelles concrètes, ou si les discours actuels resteront de simples mots, vite oubliés face aux contraintes du pouvoir et aux équilibres politiques.


