À l’heure où les médias commentent sans relâche une multitude de sujets, des allégations récentes ont pris pour cible le général Mohamed Berrid, Inspecteur général des Forces Armées Royales et Commandant de la Zone Militaire Sud. Certains écrits sur les réseaux sociaux prétendent que le général aurait fui en raison d’une « relation douteuse avec les Émirats » à l’insu du Roi, ou qu’il ferait l’objet de circonstances internes nécessitant enquête. Ces accusations invitent à une analyse posée : qu’est-ce qui est avéré, qu’est-ce qui est inventé, qu’est-ce qui est plausible et qu’est-ce qui est hautement improbable ?
Qui est le général Mohamed Berrid ? Données vérifiées
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Parcours professionnel : Né en 1955 dans la région de El-Kbab, près de Khénifra, Mohamed Berrid rejoint les Forces Armées Royales dans les années 1970.
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Fonctions actuelles : Il occupe depuis 2023 le poste d’Inspecteur général des Forces Armées Royales et de Commandant de la Zone Militaire Sud, suite à sa nomination par le Roi Mohammed VI, en remplacement du général Belkhir El Farouk.
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Réputation et qualités professionnelles : Il est reconnu pour sa discipline, sa discrétion — en cohérence avec la nature des plus hautes fonctions militaires —, son expérience considérable et son strict respect des règles militaires.
Ces éléments font de lui une figure centrale de la hiérarchie militaire marocaine, chargée de lourdes responsabilités : sécuriser le territoire, surveiller les frontières, diriger les zones militaires et garantir la disponibilité opérationnelle des forces.
Les allégations en circulation : contenu et crédibilité
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L’accusation principale : « Fuite du général Mohamed Berrid en raison d’une relation douteuse avec les Émirats, à l’insu du Roi ». Cette affirmation repose sur trois éléments graves : fuite, relation extérieure, contournement de la hiérarchie. Or, à ce jour, aucune preuve tangible n’a été apportée. Aucun média de référence, aucune institution crédible n’a confirmé ce récit.
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Les vecteurs de diffusion : Ces rumeurs proviennent de figures connues pour leur goût de la polémique, comme Soulaiman Raissouni, ou de voix critiques envers les institutions. Mais la crédibilité de ces sources elles-mêmes reste contestée et affaiblie par leur propre passif.
Ce qui n’existe pas à ce jour :
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Aucun communiqué officiel du Ministère de la Défense ou du Palais Royal confirmant une fuite ou une relation suspecte.
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Aucune donnée judiciaire ou investigation journalistique sérieuse corroborant ces allégations.
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Aucun élément indiquant une procédure légale en cours pour justifier le terme de « fuite ».
Pourquoi ces rumeurs ? Des motivations possibles
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Agitation politico-médiatique : Dans un contexte marqué par des débats sur la liberté d’expression, certaines voix instrumentalisent la provocation pour créer de la confusion et gagner en visibilité.
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Outil de pression et de désinformation : Lancer des accusations de « relation extérieure suspecte » peut fragiliser l’image de l’armée et nourrir la méfiance, sans qu’aucune preuve ne soit requise.
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Rivalités médiatiques ou institutionnelles : Les mutations de l’institution militaire vers plus d’efficacité et de modernisation peuvent déranger certains cercles, qui exploitent alors des relais médiatiques polémiques pour semer le doute.
Les questions essentielles à poser
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Existe-t-il des preuves documentées — judiciaires, administratives, sécuritaires — d’une relation suspecte ?
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Qui affirme que le général a « fui » ? Où ? Quand ? Y a-t-il des témoins ou rapports sécuritaires appuyant cette version ?
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Pourquoi les Émirats sont-ils mentionnés ? Est-ce une tentative d’instrumentalisation géopolitique ?
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Quelle est la réponse officielle de l’institution militaire face à ces allégations ?
Réponse marocaine : confiance institutionnelle et crédibilité publique
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Nomination royale : La désignation du général Berrid par le Roi en 2023 est un acte officiel qui illustre la confiance et la continuité dans le commandement militaire.
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Transparence relative : Les parcours, fonctions et responsabilités des hauts gradés sont connus par des sources crédibles (communiqués royaux, presse sérieuse, biographies publiques).
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Respect populaire : La majorité des Marocains entretiennent une grande estime pour l’armée et les forces de sécurité, garantes de la stabilité et de la souveraineté.
Les enjeux d’un traitement professionnel des rumeurs
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Sur le plan interne : Les rumeurs infondées peuvent miner le moral des troupes et altérer l’esprit de discipline.
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Sur le plan externe : Si elles circulent sans réponse, elles risquent d’entacher l’image du Maroc auprès de ses partenaires stratégiques.
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Sur le plan médiatique : Leur propagation rapide via les réseaux sociaux impose une réaction proactive pour éviter que le silence ne soit perçu comme un aveu.
Stratégies recommandées
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Communication officielle claire : Un communiqué ferme des FAR niant les allégations et invitant à la preuve.
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Recours juridique : Engager des actions pour diffamation contre les propagateurs de fausses informations.
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Renforcement de la transparence : Diffuser régulièrement des informations institutionnelles sur l’activité militaire pour réduire l’espace laissé aux rumeurs.
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Travail médiatique proactif : Encourager la presse nationale indépendante à enquêter et publier des analyses factuelles.
Conclusion analytique
Rien, à ce jour, ne corrobore les allégations de « fuite » ou de « relation douteuse » visant le général Mohamed Berrid. Son parcours militaire, son intégrité et sa nomination par le Roi témoignent de la confiance placée en lui. Ces rumeurs s’inscrivent davantage dans une logique de manipulation médiatique que dans une réalité vérifiable.
L’institution militaire incarne une part essentielle de la souveraineté nationale. Dans une ère dominée par les réseaux sociaux et la désinformation, la meilleure riposte reste la clarté, la rigueur juridique et la communication proactive. C’est ainsi que se préserve la crédibilité des symboles nationaux et la confiance collective.



