Les travaux de reconstruction des habitations détruites par le séisme de septembre 2023 dans la province d’Al Haouz ont atteint un taux d’avancement de 91,33 %, avec près de 24 000 logements déjà reconstruits selon des normes techniques précises, d’après les données officielles. En parallèle, le Maroc s’est distingué par l’achèvement en un temps record du nouveau stade Prince Moulay Abdellah à Rabat, offrant un contraste saisissant entre lenteur dans la réinstallation des familles et rapidité dans l’édification d’infrastructures sportives d’envergure.
L’état d’avancement de la reconstruction
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Les autorités annoncent une progression de 91,33 % des travaux, avec une prévision de 93 % d’ici fin septembre et 96 % dans les deux prochains mois.
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Près de 4 % des bénéficiaires n’ont pas encore entamé les travaux, en raison de litiges entre héritiers ou de refus malgré la réception des premières aides financières. Des procédures légales ont été engagées à leur encontre.
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Les opérations initiales — sauvetage, recensement, déblaiement de plus de 23 500 maisons effondrées, puis délivrance des permis de construire — se sont avérées complexes à cause du relief accidenté de la région, nécessitant des moyens humains et logistiques considérables.
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Plusieurs familles ayant réintégré leurs nouvelles habitations ont exprimé leur soulagement et la reprise progressive de leurs activités économiques et sociales, tout en saluant la coordination entre autorités locales, ingénieurs, entrepreneurs et associations.
Le stade Prince Moulay Abdellah : une prouesse de rapidité
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Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat a été reconstruit entre 2023 et 2025 et inauguré en septembre 2025, avec une capacité avoisinant les 69 000 places.
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Conçu comme une œuvre architecturale inspirée des palmes, il représente un symbole d’innovation et d’identité nationale.
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Ce projet a battu un record mondial de rapidité de construction, illustrant le savoir-faire marocain en matière d’infrastructures sportives.
Analyse : un contraste éthique et stratégique
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Priorités divergentes : alors que des milliers de familles ont attendu des années pour retrouver un toit, un stade a pu être achevé en un temps exceptionnellement court. Cette situation soulève un questionnement sur l’équilibre entre projets de prestige et besoins essentiels.
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Visibilité et urgence : les infrastructures sportives offrent un rayonnement international immédiat, tandis que l’habitat touche directement à la dignité et au quotidien des citoyens. L’écart temporel nourrit un sentiment d’injustice sociale.
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Symboles et réalités : si la construction d’un stade envoie un message de puissance et de modernité, les retards dans la réinstallation fragilisent le lien de confiance entre l’État et les populations touchées par la catastrophe.
Conclusion ouverte
L’avenir posera une question cruciale : le Maroc saura-t-il rééquilibrer ses priorités pour que les projets sociaux vitaux avancent avec la même célérité que les grands chantiers sportifs ? Les années à venir permettront de vérifier si les promesses de reconstruction se traduiront en une véritable réconciliation entre fierté nationale et justice sociale.



