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Nouvelles redevances universitaires au Maroc : la gratuité de l’enseignement supérieur menacée ?

Un question écrit adressé par la députée Fatima Tamni, membre de la Fédération de la gauche démocratique, au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, ravive le débat sur l’avenir de la gratuité de l’université publique au Maroc. Cette interpellation fait suite à une décision récente de l’Université Ibn Zohr d’Agadir d’imposer de nouveaux frais aux salariés et fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études supérieures.

Une grille tarifaire inédite

Selon le document parlementaire, le conseil de gestion de l’université a validé le 11 août dernier une mesure imposant des frais variant selon le cycle d’études :

  • 6 000 dirhams pour la licence, pouvant atteindre 15 000 dirhams dans certaines filières (lettres, sciences humaines).

  • 7 500 à 17 500 dirhams pour le master.

  • 10 000 dirhams pour le doctorat.

Cette décision, qui concerne exclusivement les étudiants inscrits en “temps aménagé”, marque une rupture dans la philosophie de l’enseignement supérieur public, longtemps fondé sur la gratuité d’accès.

Les critiques fusent

Pour la députée Tamni, cette orientation constitue une atteinte frontale au principe de gratuité, considéré comme un acquis national. Elle avertit que cette mesure pourrait avoir de lourdes conséquences sociales et économiques, notamment pour les salariés et agents qui choisissent l’université afin de perfectionner leurs connaissances ou de progresser dans leur carrière.

La parlementaire estime que ce choix risque de consacrer une “marchandisation de l’éducation”, tout en accentuant les inégalités sociales et en limitant le principe d’égalité des chances, valeur fondamentale de l’enseignement public.

Un dilemme entre financement et équité

Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large où les universités marocaines font face à des défis croissants : explosion du nombre d’étudiants, besoins accrus en infrastructures et en recherche scientifique. Certains plaident pour des sources de financement alternatives, mais d’autres redoutent une privatisation déguisée qui pèserait sur les individus au détriment de l’équité sociale.

La mise en place de ces frais, même ciblés, ouvre la voie à une redéfinition progressive du modèle de financement universitaire. Pour plusieurs observateurs, il s’agit là d’un tournant majeur qui pourrait influencer durablement la conception de l’enseignement supérieur au Maroc.

Vers une refonte du modèle universitaire ?

Derrière cette controverse se cache une question centrale : le Maroc s’oriente-t-il vers une réforme structurelle impliquant une contribution financière des étudiants, ou s’agit-il d’une mesure circonstancielle ?

Entre impératifs budgétaires et engagement en faveur de la justice sociale, le gouvernement devra clarifier sa position. En attendant la réponse officielle du ministre, le débat relance une interrogation cruciale : la gratuité de l’université est-elle encore un principe intangible, ou une exception appelée à disparaître ?

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