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Entre rêve démocratique et réalités décevantes : la tragédie des Marocains du monde

« Alors que l’espoir semblait se renouveler chez les Marocains du monde pour participer aux prochaines élections, Sa Majesté le Roi, que Dieu le protège, a transmis le dossier électoral au Ministre de l’Intérieur, portant ses recommandations officielles. Cependant, des experts et analystes, tels que le professeur Abdellatif Fkak, indiquent que les procédures gouvernementales actuelles limitent la capacité des Marocains résidant à l’étranger à être représentés politiquement, rendant leur participation effective moins influente que ce que garantit la Constitution.« 

Marocains du monde : un droit garanti, une pratique restreinte

L’article 17 de la Constitution de 2011 garantit aux Marocains résidant à l’étranger la jouissance pleine et entière de leurs droits civiques, y compris le droit de voter et d’être candidat aux élections locales, régionales et nationales. Pourtant, la mise en pratique est loin de refléter ces principes. Ni les menaces, ni les boycotts, ni même la suspension des transferts d’argent ne peuvent changer la réalité : des millions de Marocains à l’étranger doivent attendre tandis que des décisions sont prises pour eux, sans les consulter, comme s’ils ne faisaient pas partie intégrante de la nation.

La voix de l’exil : le professeur Abdellatif Fkak

Le professeur Abdellatif Fkak insiste sur le fait que la question des Marocains du monde n’est pas seulement économique ou financière, mais représente une tragédie humaine et politique pour environ 5 millions de Marocains dans plus de 100 pays. Il ajoute :

« Ces Marocains ont soutenu l’économie nationale pendant des décennies, avec des transferts parfois équivalant au budget d’un État entier, et pourtant, ils n’ont pas trouvé de véritable place dans la politique. Leur participation est limitée à des listes partisanes imposées par l’État, alors qu’ils devraient avoir le droit de choisir librement leurs représentants. »

La démocratie rêvée face à la réalité

Depuis des années, le discours sur la démocratie au Maroc n’a été que des slogans répétés dans les allocutions officielles, tandis que la réalité est bien plus amère : le citoyen, surtout à l’étranger, se sent privé et lésé. Les institutions deviennent de simples mécanismes de gestion du pouvoir, le Parlement un lieu de votes formels, et les élections une mise en scène dont les résultats sont souvent décidés en coulisses, loin des citoyens.

Crise de confiance et dignité perdue

Fkak précise :

« Les Marocains résidant à l’étranger font face à un blocage politique permanent : des lois adoptées sans réel débat, des partis perdant leur indépendance, et de nouvelles élites façonnées selon des méthodes anciennes. Toute réforme ou élection reste la reproduction de la même crise, car le problème n’est pas de changer les visages mais l’absence de dignité réelle pour le citoyen. »

Exil économique et politique

Bien que les transferts des Marocains du monde atteignent 117 milliards de dirhams par an, leur poids économique colossal ne s’est pas traduit par une véritable représentation politique. Fkak dépeint un tableau amer :

« Leur présence financière est énorme, mais leur voix politique reste entravée et marginalisée. Tous les transferts ne compensent pas l’absence de représentation, ni ne leur donnent le droit de participer véritablement à l’avenir de leur pays. »

Le dilemme : réforme annoncée, paralysie permanente

Fkak souligne la contradiction flagrante :

« La réforme est annoncée, mais son application est systématiquement retardée. La question demeure : peut-on construire une démocratie sans dignité ? Les élections peuvent-elles être réelles si leurs résultats sont prédéterminés ? »

Un futur tragique pour l’instant

En conclusion, Fkak affirme une vérité douloureuse : la situation actuelle place les Marocains du monde à un carrefour tragique. Soit continuer dans ce présent terne, où leur destin est contrôlé loin de leur volonté, soit ouvrir un dialogue national inclusif réunissant tous les citoyens, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, pour reconstruire la confiance perdue et ranimer le rêve démocratique tant attendu.

« Toute réforme qui ne redonne pas la dignité au citoyen restera une pâle répétition de l’histoire, loin du rêve démocratique que le peuple marocain, et en particulier les Marocains de l’étranger, caressent depuis des années. »

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