samedi, janvier 24, 2026
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« Le départ de Abou Torok dans le silence : la douleur de l’abandon officiel et la loyauté d’une presse libre »

Dans un moment douloureux, nous avons fait nos adieux au journaliste indépendant Mohamed Abou Torok, parti dans un silence qui ne rend nullement justice à sa voix libre ni à son message journalistique sincère. Sa mort n’est pas un simple fait divers, mais une tragédie révélatrice d’un dysfonctionnement alarmant dans un système censé protéger ceux qui portent la voix de la vérité.

Abou Torok, souffrant dans le silence, s’est retrouvé seul face à la maladie, sans aucun soutien de l’État, malgré les appels lancés par ses confrères et plusieurs militants civils, et malgré l’espoir né de la tentative de le transférer pour des soins à l’étranger. L’attente fut longue, et les autorités officielles n’ont jamais répondu, ni le ministère de la Santé ni celui de la Communication, qui est pourtant censé veiller sur les journalistes, tous les journalistes, et non uniquement ceux affiliés aux institutions officielles.

Mais il serait injuste de généraliser cet abandon. Le Syndicat national de la presse marocaine n’a pas failli à son devoir, et la présidente de l’Association sociale des journalistes, Hanane, a été présente, active dans le soutien et l’accompagnement, contribuant aux frais de soins, et s’efforçant, par tous les moyens, d’alléger la souffrance du défunt. Ce sont là des journalistes qui connaissent le sens de la solidarité, ceux qui n’attendent ni directives, ni budgets, ni “notes de soutien”.

Le véritable abandon est venu de l’État, qui a transformé le “soutien à la presse” en un outil de discrimination, ignorant les journalistes indépendants, réservant la protection au seul cadre institutionnel officiel, comme si la presse libre ne méritait ni vie, ni couverture sociale, ni soins, ni même reconnaissance.

Abou Torok est parti, mais son départ doit résonner. Il doit susciter un débat sérieux sur l’urgence d’instaurer un statut légal et social pour les journalistes indépendants, garantissant leur dignité de leur vivant, et pas seulement à travers des communiqués posthumes.

Ce n’est pas un appel sentimental, mais une interpellation des responsabilités. Les journalistes indépendants ne sont pas des amateurs ; ils sont la voix des sans-voix, une composante essentielle de la conscience professionnelle du Maroc.

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